Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Economie et Politique_Renseignements

EPR - André Mascardi

Economie et Politique_Renseignements

LES CRISES MONETAIRES, FINANCIERES ET ECONOMIQUES ETAIENT PREVISIBLES

N'en déplaise aux partis de droite, qui n'arrêtent pas depuis 2007 de se lamenter sur l’imprévisibilité de (des) crise(s) source(s) de tous leurs maux, mais aussi à la gauche ‘dite’ socialiste et à son président qui n’a jamais vu venir la crise, elles étaient TOUTES ANNONCEES.

En dehors de mes ouvrages – 5 ouvrages consacrés aux crises entre 2002 et 2011 - parmi lesquels « Voyages au centre de la bourse » (Tomes I et II) paru chez le Manuscrit en 2002, « Krach 2007 : la vague scélérate des subprimes » paru chez Le Manuscrit en 2007, et « Crise et suicide du libéralisme » paru chez Mon Petit Editeur en 2010 qui ont décrit les scénarii détaillés de ces crises - qui se sont révélés parfaitement justes, n’en déplaise aux économistes et journalistes économistes « chiens de garde » des régimes qui se sont fourvoyés dans des analyses complètement erronées récurrentes –, plusieurs grands économistes dont certains prix Nobel, avaient prévu la crise, de JK Galbraith (père et fils) à Paul Krugman, en passant par Nouriel Roubini, Joseph Stiglitz et bien d’autres dont plusieurs français.

Il y a 4 ans (juillet 2009), Patrick Artus chef économiste chez Natixis reconnaissait lors des 9e Rencontres du Cercle des économistes « Les emplois perdus le sont de façon irréversible […] On fabriquera moins de voitures et moins de biens durables. Où seront créés les emplois de demain ? On ne sait pas. Dans trois ou quatre ans, la dette des pays de l’OCDE va dépasser leur produit intérieur brut (PIB)…. »

Paul Krugman prix Nobel d’économie 2008, Joseph E. Stiglitz prix Nobel d’économie 2001, Nouriel Roubini économiste, « l’oracle de la finance » qui avait anticipé la crise, Pascal Lamy directeur de l’OMC12, Jean-Paul Fitoussi président de l’OFCE et membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre, Paul Jorion anthropologue et sociologue, Wolfgang Münchau du Financial Times, Robert Reich ancien secrétaire d’État au travail dans l’administration américaine de Clinton, Simon Johnson ancien chef économiste du FMI, Willem Buiter professeur à la London School of Economics, Ambrose Evans-Pritchard journaliste financier très écouté de la City, Jacques Attali écrivain et économiste, Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS, Mike Whitney économiste canadien et George Soros le plus grand spéculateur de la planète ainsi que Warren E. Buffett le plus gros investisseur de la finance internationale devenu l’homme le plus riche du monde sont unanimement d’accord avec l’analyse faite lors de la réunion du cercle des économistes début juillet 2009 à Aix-en-Provence.

Ils partagent les opinions émises sur la sortie de crise et la vision inquiétante de l’économie mondiale. George Soros sait de quoi il parle car il a passé sa vie à spéculer et a profité du système financier pour bâtir sa fortune sur les produits dérivés si décriés actuellement avec le « Quantum Fund » dont la valeur a été multipliée par 3 000 en vingt-sept ans entre 1969 et 1996. C’est paradoxalement le plus catégorique sur les dégâts causés à l’économie réelle par l’économie virtuelle ou économie financière.

Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008, est sceptique sur la sortie de crise : « Je ne pense pas que nous ayons touché le fond, mais nous n’en sommes plus très éloignés. Ma plus grande préoccupation c’est que nous ne touchions pas le fond pour ensuite rebondir, mais que nous touchions le fond et y restions. Il n’est pas évident de voir d’où viendrait la reprise. » Le célèbre professeur d’économie de l’université de Princeton estime que sans l’adoption rapide de mesures additionnelles très stimulatrices, les États-Unis s’exposent à connaître une décennie (2010-2020) sans croissance économique, comme ce fut le cas au Japon durant les années quatre-vingt-dix. L’économiste américain accorde peu de crédibilité aux tests de résistance qu’ont subi dix-neuf grandes banques américaines. Il considère que ces tests permettent à l’administration Obama d’acheter du temps, mais ne répondent pas à la question fondamentale de savoir si les banques possèdent suffisamment de capitaux pour jouer efficacement leur rôle au sein de l’économie, ce qui signifierait que la remontée boursière ne pourrait n’être que temporaire.

Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, stigmatise les excès du capitalisme financier et la collusion entre les grandes institutions internationales qui n’agissent que dans leurs intérêts. Dès 2002, il dénonçait les excès de ce capitalisme, de la mondialisation et des organismes internationaux comme le FMI incapable d’aider les économies en difficulté. Dans son ouvrage « La Grande désillusion » il critique violemment la mondialisation cause de tous nos maux : « Aujourd’hui, la mondialisation ça ne marche pas. Ça ne marche pas pour les pauvres. Ça ne marche pas pour l’environnement. Ça ne marche pas pour la stabilité de l’économie mondiale ». Depuis il a mis en garde nos institutions internationales face à leur inertie et leur inefficacité.

Début juin 2009, l’ancien conseiller de Bill Clinton considérait que la crise allait durer et la récession se prolonger : « Je comprends que les hommes politiques veuillent transmettre un sentiment de confiance, mais la confiance doit se baser sur un certain degré de réalité et la réalité n’est pas favorable », arguant que le modèle d’une économie mondiale tirée par le consommateur américain est révolu. Depuis il a écrit d’autres ouvrages dont « Le prix de l’inégalité » (février 2012).

Nouriel Roubini, premier économiste américain à avoir prévu la crise des subprimes et ses conséquences, nous met en garde contre tout excès d’optimisme. Dès le début des années 2000, il a été surnommé « Doctor Doom » (Docteur catastrophe) à cause de ses prédictions économiques plus pessimistes que l’ensemble des économistes. En 2005, l’ancien conseiller au Trésor prétendait que le « prix des maisons surfait sur une vague spéculative qui coulerait bientôt l’économie » À cette époque il a été qualifié de Cassandre, maintenant c’est un sage. En septembre 2006, lors d’un discours devant une audience de spécialistes sceptiques du FMI il annonçait qu’une crise économique était en gestation : « Dans les mois et les années à venir, les États-Unis vont probablement vivre une dépréciation immobilière qui ne se voit qu’une fois dans une vie, un choc pétrolier, une diminution prononcée de la confiance des consommateurs et, enfin, une grave récession »

En décembre 2008, Roubini déclarait déjà : « Nous traversons une récession très sévère qui va se poursuivre tout au long de l’année 2009. C’est la pire récession aux USA depuis 50 ans. Elle a été déclenchée par l’éclatement d’une énorme bulle du crédit créée par l’effet de levier. On ne peut revenir en arrière et le point bas est encore loin […] Cette bulle se dégonfle en ce moment même, et massivement […] Nous sommes donc face à une récession mondiale, et elle empire. Les choses vont devenir terribles pour les Américains moyens. La croissance du PIB sera négative jusqu’à la fin 2009. Et la reprise, en 2010 ou 2011, s’il y en a une, sera si faible, avec un taux de croissance de 1 à 1,5 %, qu’elle sera ressentie comme une période de récession. Je pense que le taux de chômage va atteindre 9 % en 2010. La valeur du parc immobilier a déjà chuté de 25 %. À mon avis, le prix des biens va encore baisser de 15 % avant d’atteindre le plus bas en 2010. »

Il avait prévu le pire, mais ce pire est loin de ce qui nous attend. Lorsqu’on pense – pas un chroniqueur digne de ce nom ne l’a dit – que Nicolas Sarkozy, président de la république française à cette époque, était revenu des Etats-Unis début 2007, juste avant l’éclatement de la crise des subprimes, convaincus par George Bush qu’il fallait importer le système des subprimes en France…  

Pascal Lamy, le directeur de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) a déclaré vendredi 12 juin 2009 devant la presse économique et financière française : « Je ne partage pas l’optimisme, parfois un peu de commande, des gouvernements ou de ceux qui cherchent à influencer les marchés financiers » L’ancien conseiller de Jacques Delors a été formel : « la situation du commerce mondial a empiré, je ne vois pas à l’heure actuelle de signe positif » En effet, l’OMC s’attend à une chute sans précédent depuis la 2e guerre mondiale, de 9 % du commerce mondial cette année. Et il a ajouté : « Il n’y a rien qui démente qu’on soit toujours en plein dans cette crise qui commence et qui continuera » Par ailleurs, il pense que les conséquences sociales de la crise vont surtout se faire sentir dans les pays en développement qui n’ont pas de système de protection sociale.

En juin 2009, l’économiste français Jean-Paul Fitoussi (économiste français très pragmatique, professeur des Universités à l'Institut d'études politiques de Paris, président du conseil scientifique de l'IEP de Paris depuis 1997 et membre du Conseil d'analyse économique auprès du Premier ministre, aussi conseiller économique de plusieurs sociétés et gouvernements) répondait à la question posée lors des Universités populaires participatives : « Quel nouveau modèle de développement économique et social pour l’après crise ? », en donnant dans un premier temps les raisons macroéconomiques de la crise : « Il me semble qu’au-delà de la crise financière, au-delà de la crise bancaire, au-delà de l’endettement public et de la croissance de l’endettement dans le monde, il y a une cause profonde structurelle à la crise actuelle qui est l’accroissement généralisé des inégalités », et après un long plaidoyer en faveur de la réduction des inégalités, le président de l’OFCE concluait : « Enfin pour terminer, je soulignerai qu’il nous faut penser de façon globale, il nous faut penser que l’Europe ne peut pas continuer de se conduire (alors même que l’Europe est le pays dont le PIB est le plus élevé de la planète) comme le free-rider de la planète. Philippe Aghion a eu raison de le souligner que c’est l’Europe qui relance le moins, beaucoup moins que la Chine, beaucoup moins que les États-Unis, beaucoup moins que le Japon (alors que c’est le pays dont l’endettement privé est le moins difficile à affronter aujourd’hui). Quand la plus grande économie de la planète ne joue pas le jeu, on peut penser que la solution à la crise mettra plus de temps qu’elle n’aurait mise autrement. »

En août 2009, dans un grand magazine économique, Paul Jorion (économiste et membre du conseil scientifique d’ATTAC) déclarait : « L’économie semble aller un peu mieux mais je crains une rechute » Cet oracle de la finance, fin connaisseur des pratiques bancaires américaines fut l’un des premiers avec Roubini à annoncer dès 2004, la crise des subprimes. Selon lui, elle n’a pas encore produit tous ses effets et les récents signaux de reprise sont trompeurs. Il considère qu’après avoir pris de bonnes résolutions : « les banques retombent dans leurs vieux travers comme si elles étaient déjà prêtes à se précipiter vers la prochaine bulle » Il fustige « le nouveau capitalisme né de la révolution bancaire des vingt-cinq dernières années » et conclue : « Le pire, c’est que la toxicité des actifs continue à augmenter. En particulier, tous ceux qui s’appuient sur le crédit à la consommation américain, puisque la hausse du chômage compromet de plus en plus la solvabilité des ménages »

Le chroniqueur allemand Wolfgang Münchau critiquait violemment la finance et l’économie allemandes dans les colonnes du Financial Times sous le titre : « Berlin a porté un coup à l’unité de l’Europe » Évoquant le jugement de la Cour constitutionnelle allemande qui a décidé anticonstitutionnelle toute future politique fiscale européenne commune, comme tout commandement militaire, il conclut : « Le jugement de la Cour reflète le climat politique nationaliste et post-Bismarckien en cours à Berlin. Pour le moins, tous ceux qui sont liés par une union monétaire avec l’Allemagne devraient beaucoup s’inquiéter. » Il n’est d’ailleurs pas le seul à prédire de fortes tensions au sein de la zone euro et à s’interroger sur les conséquences du chacun pour soi qui prévaut de plus en plus en Europe.

Robert Reich, professeur à Berkeley vient de produire un bref et définitif article sur son blog qui pourra être plus tard reconnu comme prémonitoire. « Quand la reprise va-t-elle intervenir? Jamais », annonce-t-il d’entrée de jeu. Il explique ensuite que la reprise ne peut pas intervenir car cela signifierait que les choses peuvent redevenir comme avant le krach. « Aussi, au lieu de se demander quand la reprise va commencer, nous devrions nous demander quand la nouvelle économie débutera »

Simon Johnson, professeur au MIT, commente sur son blog le projet d’Agence de protection des consommateurs de l’administration Obama. Il compare le timide soutien dont ce projet bénéficie avec celui, massif, dont a été entouré le plan PPIP de rachat des actifs toxiques des banques, en très petite forme aujourd’hui. Mettant en cause les intentions gouvernementales, au vu de ce que cette attitude augure à l’arrivée, une fois que ce projet sera passé par le Congrès. Il rappelle comment l’administration américaine avait finalement pris le taureau par les cornes, à la suite de la crise de 1929, en faisant adopter en 1934 le Security Exchange Act, qui réglementait le marché secondaire des valeurs. Tout cela a depuis été détricoté.

Willem Buiter, professeur à la London School of Economics, très introduit dans les arcanes des banques centrales européennes, publiait le 3 juillet 2009 sur son blog au Financial Times un long billet très détaillé intitulé : « La création monétaire et l’encouragement du crédit ne fonctionnent pas, voilà pourquoi » Après avoir été l’inventeur de l’expression « banques zombies », qui a fait depuis florès et avoir montré comment il était préférable à la mise en place de « bad banks », de créer des « good banks » laissant les actionnaires des banques zombies en tête-à-tête avec leurs actifs pourris, il fait preuve pour ses lecteurs d’une salutaire maîtrise technique du monde abscons dans lequel vivent les banquiers centraux.

Ambrose Evans-Pritchard, chroniqueur au Daily Telegraph, l’un des commentateurs financiers et économiques de la place de Londres les plus écoutés, va lui droit au but : « L’Europe creuse sa propre tombe économique alors que la Banque Centrale Européenne ne répond pas » Le sous-titre est encore plus explicite, s’il en était besoin : « Dans un monde de pécheurs, la Banque Centrale Européenne joue les gardiens de la vertu, mais ses actions dévastent les finances publiques de pratiquement tous les pays qui sont l’objet de ses attentions » Reconnaissant sans difficulté que la Grande-Bretagne doit faire face à ses propres désordres, Evans-Pritchard conclut ainsi : « D’un point de vue stratégique, le mélange européen de déflation monétaire et de déficit budgétaire effréné n’est rien de moins qu’une folie »

Début 2009, le fils du célèbre économiste américain John Kenneth Galbraith, lui aussi économiste renommé, envisageait le pire : « 2015 si tout va bien… Alors que ministres et conseillers s’évertuent à diffuser la parole optimiste qui voudrait qu’à la fin de l’année la crise ne fût plus qu’un mauvais souvenir, l’économiste James Kenneth Galbraith publiait un article dans la revue du Washington ‘Monthly’ démontant les visions angélistes de la crise, critiquant la faiblesse de la relance américaine, et appelant à un plan d’une envergure comparable à l’effort de guerre américain après la crise 1929. Dans cet article il remet en cause la pensée économique mais aussi les modèles informatiques issus de l’après guerre qui ne seraient « pas aptes à rendre compte de la crise et à en prévoir les développements, en raison de la durée qui sera nécessaire au désendettement des ménages, au nettoyage des écuries d’Augias bancaires, à la disparition des surcapacités et au rétablissement de la confiance »

Le président de l’association internationale « Economists for Peace and Security » prend pour exemple la faiblesse du plan de relance américain que d’aucuns qualifient « d’impressionnant », sans comparaison avec le plan de relance mis en place par l’administration Roosevelt après la crise de 1929 : « Si l’on prend en compte la caractéristique financière hors norme de cette crise, la relance par le crédit, même une fois « réparé » le système bancaire, n’est qu’une illusion, juge-t-il, et l’intervention de l’État devrait alors changer de braquet. A quel point ? Galbraith rappelle en quelques chiffres : l’ampleur des efforts déployés par Roosevelt : 60 % des chômeurs employés par les grands travaux de l’État, un milliard d’arbres plantés, 2 500 hôpitaux, 45 000 écoles, 7 800 ponts plus d’un million de km de réseau routier et un millier d’aéroports construits ou rénovés…

Galbraith met ici clairement en cause Obama et son entourage : si le président américain a un programme économique, « il n’y a jusqu’à présent, aucune manifestation claire de la pensée qui sous-tend ce programme ». Bien au contraire les conseillers économiques du président seraient tous peu ou prou animés par la conviction profonde que le marché est capable de se s’auto-stabiliser. Bref, la crise est derrière nous tant la main invisible travaille d’arrache-pied. C’est là que Galbraith entreprend de démonter le scénario du Congressional Budget Office, l’organisme public sur lequel s’appuient les législateurs pour évaluer la situation de l’économie et préparer leurs projets de budget. Il prévoyait un redémarrage débutant à la fin de cette année, avec un retour à la normale de l’économie aux alentours de 2015 […]

Nos modèles informatiques modernes ne tiennent tout simplement pas compte de l’élément clé de cette crise qui est, précisément, l’effondrement du système financier. Si le système          bancaire est paralysé, alors pour être efficace le secteur public doit faire beaucoup plus. » Il sera difficile de faire aussi « bien », car c’est uniquement l’effort de guerre qui a relancé l’économie américaine. Même « la relance du secteur financier privé a pris vingt ans, durant lesquels la guerre s’est déroulée » D’où la conclusion de Galbraith : « le plein rétablissement du système de crédit privé sera long. Il suivra et ne précédera pas la restauration de finances saines pour les ménages. En aucun cas le projet consistant à ressusciter l’économie en gavant d’argent les banques ne fonctionnera. Une politique efficace ne peut fonctionner que dans l’autre sens » Galbraith réclame la mise en place d’un super-plan de relance : soutien de long terme à tous les services et investissements publics, augmentation des prestations sociales (Galbraith vante ici l’atout économique majeur que représente le principe d’une sécurité sociale universelle…), un vaste programme d’emploi, la suspension des charges salariales, la prise en charge par le gouvernement des banques insolvables. Rien de comparable pourtant avec l’effort de guerre. Quoi d’autre alors ? Pas de solution miracle, ni de retour rapide à la normale à espérer avant 20 ans selon Galbraith « les plus gros problèmes auxquels nous soyons confrontés sont la sécurité énergétique et le changement climatique. Ce sont des difficultés énormes, car l’énergie sous-tend tout ce que nous faisons, et parce que le changement climatique menace la survie de la civilisation. En la matière, c’est évidemment un effort national qui est nécessaire. Une telle entreprise, à condition qu’elle soit convenablement menée, en combinant la planification et les marchés, pourrait ajouter 5 ou même 10 pour cent de PIB à l’investissement net. Cela n’atteindrait pas l’ampleur de la mobilisation en temps de guerre, mais pourrait probablement ramener la nation vers le plein-emploi et l’y maintenir pendant des années. En outre, cette tâche ressemble à la mobilisation en temps de guerre de façon importante sur le plan financier »

Galbraith avait prévenu, la dette et le déficit augmenteront mais « le choix doit s’effectuer entre un comportement actif, qui augmente la dette tout en créant des emplois et reconstruit l’Amérique, ou un comportement passif, augmentant la dette car les revenus s’effondrent, parce que la population doit être secourue par les programmes sociaux, et que le Trésor souhaite, sans raison valable, sauver les grands banquiers et leur éviter les pertes ».

L’article « Dépréciation d’actifs : le pire est à venir » fait le point chiffré de la situation des pertes des banques. Il indique que le FMI (Fonds monétaire international) estimait début 2009 les pertes sur les actifs détenus par les banques américaines à plus de 2000 milliards de dollars. Au vu des dernières informations, ces pertes pourraient se révéler deux fois plus importantes, compte tenu de la mécanique infernale entre dépréciations d’actifs financiers, dégradation de la conjoncture économique et implosion des produits structurés hérités de la période de la bulle. Au total c’est près de 1 000 milliards de dollars d’actifs supplémentaires adossés à des crédits hypothécaires qui pourraient être dégradés très prochainement, ajoutant de nouvelles pertes aux bilans des grandes banques américaines et européennes. Aujourd’hui nous n’en sommes plus à parler de milliers de milliards mais dix fois plus !!!

On pourrait résumer ainsi la situation en parlant de nos politiques et de nos économistes "égarés" et non "atterrés": « ILS SAVAIENT MAIS ILS N’ONT RIEN DIT ET RIEN FAIT, CE SONT DE DANGEREUX REACTIONNAIRES QUI ASSASSINENT LA DEMOCRATIE »

link

 

 

Print
Repost
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :