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Economie et Politique_Renseignements

EPR - André Mascardi

Economie et Politique_Renseignements

KRACH BOURSIER 2018, 2019 ou 2020 ?

KRACH BOURSIER 2018, 2019 ou 2020 ?

Il pourrait y avoir un krach boursier sans commune mesure, en 2018, 2019 ou 2020.

C’est ce que pensent les médias comme Capital (‘Le krach de 2018 sera pire que celui de 1987 !’), Les Echos (‘Bourse : les cinq grandes incertitudes pour 2018’), Boursorama (‘Marchés : simple correction ou début d'un vrai krach boursier ? ), RTL (‘Mini-krach boursier : sommes-nous au bord d'une crise comme celle de 2008 ?), Le Monde (‘Inquiétudes autour d'un possible krach boursier en 2018’), Le Temps - journal suisse - (‘Un krach boursier en 2018 ? Voici d'où il pourrait venir’), et beaucoup d'autres.

Pour avoir analysé et décortiqué les marchés financiers depuis 40 ans, anticipé les crises de 1987, 1997 (monétaires), 2000 (nouvelle économie) et 2007 (subprimes ou crédit hypothécaire), 2008 (bancaire et financière) puis économique jusqu’à maintenant, j’en suis intimement convaincu.

Ce n’est pas qu’une simple intuition - du pif -, comme dirait le plus grand spéculateur de la planète, George Soros. Car cette affirmation s’appuie sur les éléments suivants :

  • Forte hausse de la pauvreté, baisse du pouvoir d’achat et chute de la DEMANDE. L’OFFRE boostée par les gouvernements libéraux est artificielle car elle repose sur la reconstitution de stocks par les entreprises en vue d’une reprise, mais pas à une réponse à la DEMANDE. Par ailleurs, le faible niveau de chômage de certains pays est un leurre car cet indicateur ne signifie pas grand-chose.
  • Lorsqu’un Américain travaille une heure dans le mois il n’est pas chômeur. Quand un allemand est payé un ou deux euros de l’heure, il n’est pas chômeur…
  • L’écart entre les plus riches et les pauvres croit de plus en plus vite. Ce qui appauvrit les plus précaires et démunis qui ne consomment plus et enrichit les plus gros patrimoines qui ne participent pas plus à la consommation car ils investissent dans l’immobilier ou sur les marchés financiers… pour spéculer !
  • Pour la France, tout particulièrement, le marché immobilier n’ayant pas été purgé en 2007, la bulle actuelle risque d’éclater. Et, si cela se produit - dans quelques mois ou années -, la Bourse sera frappée de plein fouet par la vente des actifs mobiliers (actions et obligations, prioritairement) pour compenser les pertes dans l’immobilier. Une chute inéluctable qui provoquera une crise bancaire et financière puis économique…

Mais à ces arguments, s’ajoutent deux raisons d’une toute autre importance et gravité, qu’une simple hausse de l’inflation (due à la surchauffe de l’économie) – même si cet indicateur est un des principaux signes d’un risque de dépression -, et par voie de conséquence des taux d’intérêts. Une hausse des taux d’intérêts n’a jamais nui à un pays comme l’Allemagne, qui a poursuivi sa croissance et ses investissements, comme nous l’a prouvé l’histoire économique de nos voisins d’outre-Rhin.

Ces deux raisons incontournables nous viennent d’outre-Atlantique. De la première puissance économique mondiale :

1°) L'endettement des Etats-Unis

Il ne cesse de croître de façon exponentielle depuis de nombreuses années. Depuis début 2018, les américains ne savent plus comment payer leurs fonctionnaires. Ils vivent au jour le jour, de reports en reports, en attendant une autorisation pour augmenter leur dette. Entre le Sénat, la chambre des représentants et le Trésor américain.

Une dégradation des finances publiques qui courre surtout depuis dix ans. Qui plombe la légendaire crédibilité de la solvabilité des Etats-Unis. Car, les agences de notation ne leur font plus autant confiance qu’auparavant et menacent même de dégrader leur note de solvabilité au plus haut (AAA+). Ce qui entraînerait un surcoût pour le Trésor américain, car il devrait emprunter à un taux plus élevé sur les marchés financiers. Au risque de se retrouver exsangue à cause de sa propre dette.

Depuis la crise des subprimes en 2007, l'endettement des EU est passé en 10 ans de 8950 milliards de $ (2007) à 20.500 milliards de dollars (2017) soit une augmentation de + 129 %. Le ratio d'endettement est passé de 64 % du PIB à 110 % du PIB. Soit 15 pts de plus que la France...

Si une crise se déclenchait suite à une chute des marchés boursiers - tout est interconnecté dans le Monde -, les Américains ne pourraient plus trouver de liquidités et leur économie s'effondrerait et contaminerait toute la planète !

2°) Une bulle spéculative sur le marché boursier américain

Car Wall Street (la Bourse américaine) est surévalué par rapport au taux de croissance du PIB (la valeur ajoutée produites par les entreprises), et complètement déconnecté du marché. A cause de la spéculation qui a repris depuis la crise des subprimes, et ne se dément pas.

En 10 ans, la croissance américaine n’a progressé que de 14,6 % alors que la Bourse de New-York – sensée refléter le dynamisme des entreprises américaines -, a été valorisée de + 87,39 %. L’indicateur du DJ étant passé de 13.261 pts à 24.850 pts….  

Si on compare par rapport à la France, on est très surpris de voir qu’avec une croissance dans l’hexagone divisée par 2 sur 10 ans (par rapport à celle des EU), soit 7,2 %, l’indice CAC40[1] de la Bourse de Paris (sous la coupe d’Euronext[2]) n’a non seulement pas progressé, LUI, mais a... baissé en 10 ans de – 4. 28 % !

Mais pourquoi cet écart de 48 % ? La Bourse française serait-elle plus réaliste ? Non, mais moins spéculative que la bourse américaine et ses indices (Dow Jones et Nasdaq).

L’explication est simple : Les Etats-Unis ont toujours vécu à crédit. Leurs citoyens empruntent régulièrement pour investir en Bourse, en espérant un gain rapide et conséquent. D’où une bulle artificielle et incontrôlable pour Warren Buffett - le plus gros et le plus riche investisseur de la planète -, qui explosera tôt ou tard, comme en 1929, 1987… et 2007 !

Lorsque les financiers et les banquiers nous font croire que les marchés boursiers sont utiles et significatifs ou révélateurs de la bonne santé économique d’un pays,

Quand ils nous conseillent – avec l’appui des journalistes économiques -, d’investir dans des actions ou obligations, pire dans des fonds d’investissements ou fonds de fonds[3], comme l’assurance-vie,

Non seulement ils nous trompent, et leurs informations diffusées, tout azimut, peuvent être assimilées à des Fake news.

Au risque d'être condamnés par la nouvelle loi – discutable -, sur ce sujet, concoctée par Emmanuel Macron et le gouvernement d’Edouard Philippe !

Autant de raisons pour croire à un Krach comme en 1929, avec des conséquences plus désastreuses ! Car pouvant déboucher sur des guerres civiles ou mondiales.

C’est le risque qu’avait souligné Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI[4], en octobre 2009, en évoquant les graves conséquences d'une crise économique. Entre pauvreté et marginalisation économique. Pouvant déboucher sur des guerres (mot qu'il a prononcé à 30 reprises) :

«… la Grande crise des années 30 a créé un terrain favorable pour une guerre dévastatrice… Il n'y a pas longtemps, l'économie mondiale était au bord du précipice… D'après nos dernières prévisions, l'activité économique mondiale devrait progresser d'environ 3 % en 2010[5]La marginalisation économique et l'indigence pourraient entraîner des troubles sociaux, des désordres politiques, une faillite de la démocratie, ou la guerre… Les données sont assez claires à ce sujet : un revenu faible ou une croissance économique lente accroît le risque d'un conflit civil… Les pays ont préféré défendre leur intérêt personnel et se sont réfugiés dans l'isolationnisme. Il s'ensuivit l'effondrement sans précédent de l'activité économique mondiale dans les années 30, avec de sombres conséquences sociales et politiques. La guerre économique a vite conduit à la vraie guerre, et la Seconde Guerre mondiale a fait des dizaines de millions de victimes et dévasté de nombreux pays… »

 

[1] CAC : anciennement Cotation assistée en continu, système de cotation remplacé par le NSC (Nouveau système de cotation).

CAC40, indice de la Bourse de Paris correspondant plus ou moins aux 40 plus grosses capitalisations introduites sur le marché parisien (situé à Londres ?)

[2] Euronext : Première Bourse paneuropéenne qui gère les marchés boursiers de Belgique, de France, des Pays-Bas, du Portugal et du Royaume-Uni. Située à Londres, la première place financière de la zone euro représente une capitalisation de 2.600 milliards supérieure au PIB Français. « Le groupe est issu de la fusion des Bourses d'Amsterdam, de Bruxelles et de Paris qui est intervenue le 22 septembre 200013. L'objectif est alors de tirer parti de l'harmonisation des marchés financiers de l'Union européenne induite par l'introduction de la monnaie unique… » (Wikipédia) NB/ Les Britanniques n’ont jamais été dans la zone euro et de plus ne font plus partie (en 2019) de l’Union européenne.

[3] 90% des fonds américains n'ont pas fait mieux que leur indice de référence en 2015 selon Standard & Poor's (agence de notation américaine).

[5] Il se trompait lourdement, comme il le fit avec la crise des subprimes, qu’il n’avait pas vu venir !