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Economie et Politique_Renseignements

EPR - André Mascardi

Economie et Politique_Renseignements

LOI EL KHOMRI OU LA MARQUE DE L’INCOMPETENCE NOTOIRE DU DUO-HOLLANDE-VALLS

Confier la réforme du droit du travail à Myriam El Khomri, Emmanuel Macron et Manuel Valls – même si ceux-ci sont entourés par une pléiade de conseillers… frais émoulus -, n’est-ce pas faire preuve d’amateurisme de la part de François Hollande, une fois de plus pourrait-on dire !

De la part d’un gouvernement qui manie avec dextérité la contradiction et multiplie les réformettes, les revirements, les atermoiements, les bévues, les décisions jamais appliquées (voir l’exemple du glyphosate interdit de vente).

Un pouvoir qui est incapable de gérer l’entreprise FRANCE, en bon père de famille, comme la gestion d’un patrimoine sans risque.

En effet, les trois protagonistes de la loi El Khomri cumulent à eux trois 3 années d'expérience dans le monde du travail Le Code du Travail regroupe l’ensemble des dispositions législatives et réglementaires régissant les droits et les relations individuelles et collectives au travail applicables aux salariés du secteur privé »), objet de la réforme.

Car, le secteur public bénéficie d’un droit du travail dérogatoire (« Le droit administratif est un droit dérogatoire du droit commun »), du fait de ses avantages – même si cela est contestable, sauf pour le contrat de travail qui est un véritable privilège -, et de son statut spécifique administré par l’Etat, qui lui est censé ne pas faire de profit…

Petit rappel

- Première différence sensible qui demeure concerne le recrutement : les fonctionnaires continuent à être recrutés principalement par la voie du concours.

- Deuxième différence : le système de la carrière qui prévaut dans la fonction publique. Le fonctionnaire qui entre dans un corps, ou un cadre d’emploi, a vocation à y accomplir l’ensemble de sa carrière, en gravissant peu à peu les échelons.

- Troisième différence : la rupture conventionnelle ne s’applique pas pour les agents dans la fonction publique.

- Quatrième différence : les agents contractuels de droit public ne dépendent pas de la juridiction du Conseil des Prud’hommes, etc.

Enfin, certaines spécificités du droit de la fonction publique demeurent car elles sont attachées à la nécessité de la continuité des services publics, etc.

Confier à ces trois hauts fonctionnaires la mission de rédiger un projet de loi sur le travail - en peine période de chômage, d’inégalités devant l’emploi et de discriminations -, est irresponsable et ne peut avoir comme objet qu’un but électoraliste (un clin d’œil aux électeurs du centre et de la droite).

D’autant plus, sans leur faire offense, qu’ils n’ont eu que des responsabilités politiques (locale ou nationale) sans aucune connaissance ni expérience de la vie réelle – celle du travailleur du public ou du privé – à part, à un degré infime, Emmanuel Macron (dont le CV est en partie surfait et même customisé), qui d’inspecteur du travail est devenu à 31 ans analyste, associé puis associé-gérant dans une banque d’investissement, en encaissant 2 millions d’euros de bonus en quelques mois, avant de devenir secrétaire général de l'Élysée

Les mêmes qui, avec certains dirigeants du PS, reprochent au très contestataire président de l’UNEF, William Martinet, d’être encore étudiant à 27 ans.

Ce dernier - fils de parents infirmiers, licencié en biologie et suivant un master en économie sociale et solidaire -, expliquant au Monde et au Point, pourquoi il est encore étudiant, scolarisé "par la magie de la carte scolaire" à Versailles. D’où son engagement ensuite : "L'écart entre ces deux mondes m'a fait prendre conscience très tôt qu'il fallait choisir son camp". Il a aussi donné des cours à des sans-papiers, assuré un soutien scolaire et milité aussi aux Restos du Cœur.

Une façon d’entrer dans la vie publique et citoyenne, proche de la réalité des inégalités de la société et de la condition humaine, et non pas enfermé dans un bureau en attendant que se profile au loin la prochaine échéance électorale…

...et répétant comme souvent François Hollande "Ca tiendra bien jusqu'en 2017..." (livre de Sophie Coignard et Romain Gubert, Albin Michel).