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Economie et Politique_Renseignements

EPR - André Mascardi

Economie et Politique_Renseignements

Blocage des salaires durant 3 ans, les fausses bonnes idées du couple Franco-Merkel

En pleine crise sociale, hausse des impôts et restrictions de toutes parts, on nous annonce que le couple fusionnel « fatal » franco-allemand a encore fait des siennes en proposant le blocage des salaires durant 3 ans.

En effet, un rapport franco-allemand, dévoilé dimanche 23 novembre par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel recommanderait non seulement le gel des salaires mais aussi l’assouplissement des 35 heures dans certains secteurs ?

Comme d’habitude, aussi vite dit aussi vite démenti, par les économistes Henrik Enderlein et Jean Pisani-Ferry, chargés de faire des propositions pour les 2 pays. Encore une fois la France est à la remorque de l’Allemagne et de son oligarchie monétaire, comme elle le fut du temps du président Sarkozy - admirateur et disciple de Bush et des Etats-Unis -, qui voulait emprunter au président américain « l’excellente » idée des subprimes, quelques mois avant que le monde plonge dans la plus grande crise immobilière (du crédit hypothécaire) puis économique depuis 1929 ; une politique qui nous a conduit à la situation économique catastrophique que nous connaissons actuellement.

En effet, alors que l’Allemagne est en perdition et au plus mal, en raison d’une politique d’austérité dramatique pour la condition sociale des salariés et les retraités, que nos voisins d’outre-Rhin sont sur le point d’entrer en récession, mais aussi sont handicapés par un manque de main d’œuvre due à une démographie en chute libre, le gouvernement de François Hollande se jette à corps perdu dans les bras d'Angela Merkel et dans la politique suicidaire allemande qui nous amène droit dans le mur des lamentations et de la précarisation.

Parler de blocage des salaires au moment même où le pouvoir d’achat des Français est nul en 2014 et en baisse sur 5 ans d’après le journal économique La Tribune. Entre 2009 et 2014, Les hausses de revenu (+2,9%) n'ont pas suivi celles des prix, qui ont grimpé de 6,9% sur la même période, selon le magazine 60 millions de consommateurs, et les Français s'attendent à une nouvelle baisse de leur pouvoir d'achat en 2015 avec des charges plus importantes pour les salariés et surtout les retraités.

Effectivement depuis 2009, les Français ont perdu l'équivalent de 1.500 euros annuels de pouvoir d'achat. 60 millions de consommateurs note une augmentation notable du prix des dépenses contraintes, notamment liées au logement ou à la voiture (les dépenses de carburant ont augmenté de 335 euros depuis 2009, celle de l'électricité de 205 euros, et les loyers de 175 euros).

Mais ce que nos chers économistes et politiciens PS oublient de dire c’est qu’en bloquant les salaires, ils vont accroitre encore plus les inégalités car ce sont les revenus des plus riches qui progressent le plus. Toutes les études montrent que les 0,01 % les plus riches voient leur revenus progresser 2 fois plus vite que les 0,1 % les plus riches, qui voient eux-mêmes leur revenus progresser 2 fois plus vite que les 1 % les plus riches et de même pour les 10 % les plus riches par rapport aux 90 % restant.

Cela n’impactera donc que très peu les plus riches et beaucoup plus les moins riches, cadres, employés ou ouvriers - et surtout les plus pauvres -, dont les revenus sont constitués uniquement par des salaires…

D’où un écart de revenus qui s’accentuera entre les 10 % les plus riches et les 90 % les moins riches, jusqu’à en devenir insupportable !

Comment peut-on raisonnablement manquer à ce point de bon sens et de réalisme, lorsqu’on sait que les Etats-Unis conduisent la politique inverse qui va leur permettre d’avoir une croissance de près de 4 % en 2014 ?

Comment ignorer qu’avec un pouvoir d’achat en baisse les Français épargneront plus qu’ils ne consommeront pour faire face à des jours plus difficiles, que cela impactera aussi les entrepreneurs touchés non seulement dans leur vie personnelle (leur famille salariée), mais aussi dans leur vie professionnelle où les petites structures croulent sous les charges et les formalités, quand elles ne sont pas poursuivies pour quelques euros par l'URSSAF ou le Trésor public ; ce qui ne les incitera pas, d'autant plus, à investir et à embaucher avec une conjoncture incertaine et morose, et des carnets de commande vides ?

Comment la France peut-elle suivre le plus mauvais élève de la classe des grands, avec un tel aveuglément et une telle soumission à un pouvoir monétaire de tout temps hégémonique ?

Devra-t-on assister à la révolte des pauvres, des salariés, des fonctionnaires, des cadres moyens, des professions libérales, artisans, commerçants, petits entrepreneurs et des agriculteurs pour qu’enfin nos gouvernants réagissent en cessant de se bercer de douces illusions sûrs de leur pouvoir divin, irrévocable et sans partage ?