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Economics and Politics Research

André Locussol-Mascardi - EPR

Economics and Politics Research

"SI L'ITALIE FAISAIT DEFAUT... LA FRANCE S'EFFONDRERAIT A SON TOUR"

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Etna-2.jpgEXTRAITS DE « CRISE ET SUICIDE DU LIBERALISME »

Fin janvier 2009, le FMI estimait dans une note que les actifs compromis détenus par les banques américaines dépassaient les 2000 milliards de dollars, après avoir annoncé un premier chiffre de 1200 milliards de dollars en octobre 2008. Au vu des dernières nouvelles sur le front macroéconomique et sur le front financier, le FMI pourrait très rapidement revoir sa copie. D’ici la fin de l’année, les dépréciations d’actifs liés à des crédits compromis pourraient atteindre 3000 à 4000 milliards de dollars, rien qu’aux Etats-Unis. Un chiffre à méditer, surtout quand on sait que c’est le contribuable qui paiera la note finale.

…/… En effet, l’endettement américain représente plus de 500 % du Produit Intérieur Brut en juin 2009 – contre 350 % en 2008 et seulement… 250% au pire de la crise de 1930 –, soit l’équivalent du PIB mondial… L’endettement global des dix nations les plus riches a progressé de plus de 10.000 milliards de dollars en seulement quelques années, une somme colossale.

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Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS n’est pas dupe des derniers résultats mirobolants des banques comme Goldman Sachs qui a réalisé 3,44 milliards de bénéfices pour le 2ème trimestre 2009 : « L'amélioration des résultats des banques qui suscite cette vaguelette d'euphorie, doit surtout à l'effet combiné des plans de sauvetage et à la détente subreptice des normes comptables, qui permet de minimiser l'affichage des pertes sur actifs toxiques » explique cet économiste. « Malheureusement, poursuit-il le facteur même de la crise, à savoir l'accumulation dans les bilans bancaires des mauvaises dettes, est non seulement toujours bien là, mais voué à s'intensifier » Il avertit : « on va voir débouler, sous peu, toute une série de « paquets » de dettes avariées, dont les défauts n'ont pas encore explosé, mais c'est pour bientôt » L'économiste français donne même une date : « le gros des défauts devrait se manifester à partir de 2010-2011»

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« Les banques, dont on a dit qu’elles étaient sorties d’affaire, ne pourront pas financer les investissements nécessaires à la reprise : beaucoup des plus grandes, des Etats-Unis à la Chine, en passant par l’Europe, manquent dramatiquement de fonds propres, au point que Jean-Claude Trichet leur a demandé de ne pas distribuer de dividendes. De plus, les gouvernements des pays industrialisés doivent trouver cette année et l’an prochain 12 Trillions de dollars pour financer leurs déficits ; leur dette dépassera bientôt 80% du PIB mondial, ce qui conduira les consommateurs à épargner plus encore pour se préparer à une inévitable hausse des impôts. De plus, les bons du trésor ne seront plus considérés comme des placements sûrs pour les banques ou les compagnies d’assurance, mettant en cause les retraites complémentaires ou par capitalisation. Enfin, les risques pris, sans transparence, par les banques centrales, sont vertigineux, et les fonds souverains sont gravement touchés, comme le montre ce qui se joue à Dubaï. »

« Les risques qui en découlent sont pires encore : Menacent à la fois l’interruption de services publics, les faillites de banques, d’entreprises et de nations, la ruine des salariés et des épargnants, en un jeu de domino conduisant à une spirale dépressive, suivi d’un rebond inflationniste. Et même si la reprise se consolidait, contre toute raison, tous les précédents historiques montrent que l’emploi ne retrouvera pas son niveau d’avant la crise avant au moins deux ans (…) Encore faudrait-il avoir le courage de la vérité, seule justification de l’effort, seul préalable au succès. »

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Bien que les Européens n’aient pas la même liberté que les deux grandes puissances en matière de politique budgétaire – étant soumis aux critères de convergence de la zone euro avec un endettement qui ne doit pas dépasser les 60 % du PIB –, plusieurs pays dont la France ont allègrement franchi les 70 % ce qui les fragilisent : France (75,8 % en 2009 et 84 % en 2010 ) ; Espagne (76 %) ; Portugal (91 %) ; Irlande (96,2 %). Le Royaume-Uni et l’Allemagne suivent à quelques pour cent près. Si l'on additionne la dette publique et la dette privée, la moyenne européenne est de 175 %. Elle représente 179 % du PIB de la Grèce, 219 % en Belgique, 222 % en Irlande, 194 % en Italie, 234 % au Pays-Bas, 197 % au Portugal et 207 % en Espagne. Autant la signature de la France est encore recherchée ce qui lui permet d’emprunter à de faibles taux, autant la signature de l’Allemagne, des Etats-Unis, du Japon et des autres pays surendettés a été dégradée par les agences de notation surtout lorsque ceux-ci sont considérés au bord de la faillite.

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Mais c’est l’Espagne et le Royaume-Uni qui sont dans l’œil du cyclone de l’endettement. « La crise bancaire et immobilière espagnole « touche de plein fouet les Britanniques par la position de la Royal Bank of Scotland (RBS) » Une faillite d'Etat en Espagne, pays qui « pèse » quatre fois le poids économique de la Grèce, aurait des implications énormes. Royal Bank of Scotland, la plus grande société au monde en termes d'actifs, gérée par des proches de la Couronne, forme depuis des lustres une « alliance stratégique » avec la première banque d'Espagne, Banco Santander, par ailleurs douzième banque du monde en capitalisation boursière (90 millions de clients) et plus grande banque de la zone euro. Basé à Edimbourg, le Royal Bank of Scotland Group, un holding financier britannique public est l'actionnaire majoritaire de RBS. Santander s'est toujours montré prêt à venir au secours d'une perle qui tombe de la Couronne britannique, notamment lors de la tempête des subprimes (…) Aujourd'hui, Santander pourrait une fois de plus faire un geste en achetant les quelque trois cent agences bancaires dont RBS veut se débarrasser pour améliorer son bilan. Si Santander est parfois présenté comme un des grands vainqueurs de la crise, l'éclatement de la bulle immobilière espagnole ferait voler en éclats cette belle illusion. En réalité, la Grèce sera « fusillée pour l'exemple » et son cas offre l'occasion rêvée à la Commission européenne de mettre en place des structures de régulation dotées de pouvoirs supranationaux utilisables ultérieurement contre les autres membres de l'UE réduits à des simples protectorats. Ce qui arrive à la Grèce nous pend au nez : sa mise sous tutelle par la Commission européenne annonce la soumission de toute l'Europe aux ogres voraces de l'Empire britannique . »

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Le 4 mai 2005, les révélations se succèdent, la Grèce serait plus endettée que prévue deux, trois ou dix fois plus ! l’Espagne serait plus endettée que la Grèce deux, trois ou dix fois plus ! et derrière on soupçonne le Portugal, l’Irlande, l’Italie, le Royaume-Uni et pourquoi pas la France ! L’exode des capitaux s’accélère vers le fameux trou noir. Malgré ces informations qui commencent à pulluler sur le Net et dans les couloirs de la république, les médias se taisent, les hommes politiques ont peur car eux savent la vérité, mais « la vérité n’est pas toujours bonne à dire ! »

Ce qu’on ne nous dit pas, ce que les médias oublient d’expliquer par ignorance ou parce qu’ils ont peur de la vérité, de la réalité, et qui risque de causer notre perte irrémédiablement, ce sont les dessous de la crise hellénique, qui n’est ni plus ni moins que l’arbre qui cache la forêt. Aux manettes la plus grande banque d’affaires américaine et mondiale, Goldman Sachs, épaulée par JP Morgan – banquier-conseil des gouvernements américains depuis toujours –, qui joue un double jeu : d’un côté elle a aidé le gouvernement grecque à dissimuler sa dette et de l’autre elle le fait savoir, du pur masochisme non de la stratégie, pour mieux spéculer sur l’euro en provoquant sa chute. Il lui suffira d’acheter ou de vendre des Futures sur devises (contrats à terme sur les monnaies étrangères) et d’engranger de confortables profits – dix, cent, mille fois sa mise –, lorsque la devise montera ou baissera ce qui est le cas en l’occurrence. C’est comme si elle avait déjà vendu de l’euro à terme (à 1,35 euros pour 1 dollar par exemple), et qu’elle en achetait toujours à terme, pour couvrir sa vente, lorsque celui-ci sera à son plus bas (à 1 euro pour 1 dollar par exemple). En réalité, la différence ne procure pas un gain de 30 % environ car l’euro n’est que la valeur support, et le bénéfice sera jusqu’à 500 ou 600 fois supérieur car il porte sur des options, Call ou Put (droits d’acheter ou de vendre) dont la volatilité est beaucoup plus forte… A l’arrivée ce sont des milliards de profits engrangés !

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L’incertitude que craignent les marchés financiers était déjà difficilement soutenable depuis 2007, mais maintenant c’est la bérézina : la Grèce avec 110 milliards de « découvert », l’Espagne avec 280 millions – peut-être 500 milliards ou 1000 milliards d’euros, si on en juge par les besoins « en liquidités » à la hausse de la Grèce qui sont passés d’une dizaine de milliards, disons 45 milliards aux dernières estimations à 110 milliards d’euros –, demain le Portugal, l’Irlande et l’Italie avec des centaines de milliards d’euros à trouver alors qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses du FMI et dans celles des pays européens, qui à leur tour risquent de se retrouver en cessation de paiements. Où va-t-on ? No limit. Si on ajoute qu’il y a des liens étroits (de partenariat) entre une des plus grande banque du Royaume-Uni, Bank of Scotland, et la toute puissante banque espagnole, le Banco de Santander – toutes deux au somment de la hiérarchie européenne des banques et qui se sont illustrées dans l’affaire des subprimes et de Madoff avec des milliards de pertes –, on peut s’attendre au pire sachant que « le roi de l’entourloupe » Goldman Sachs n’est certainement pas très loin derrière pour tirer les marrons du feu. Tout est possible, l’Europe ruinée et Goldman Sachs richissime… Personne n’y croyait et pourtant c’est en train d’arriver les Etats l’un après l’autre font faillite, et il n’y a plus de prêteur en denier ressort pour éviter le naufrage. Aujourd’hui 4 mai 2010, les autorités financières prétendent qu’après la Grèce, on ne pourra pas renouveler l’effort pour un autre pays ! Or, il reste un peu partout des cadavres dans les placards ! Chaque jour, c’est le tourbillon des dettes qui emporte tout sur son passage, on ne sait plus à quel saint se vouer ! Alors quid de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande, de l’Italie puis du Royaume-Uni et ensuite la France ? Que vont faire nos « savants » gouvernements européens et américains pour s’en sortir, lorsqu’on voit que Madame Lagarde, ministre français de l’économie, la veille de l’annonce d’un probable besoin de liquidités de 280 millions de l’Espagne, affirme à l'Assemblée nationale, lors de la présentation du collectif budgétaire intégrant l'aide que versera la France à la Grèce, qu’il est « hasardeux et aléatoire » de comparer la Grèce au Portugal ou à l'Irlande ? et l’Espagne ! Même notre prêteur en dernier ressort le FMI, sauveteur des pays pauvres et des pays en difficultés, n’y peut rien car la banque mondiale est exsangue, étant donné que ceux qui l’alimentent sont ruinés ou en passe de l’être les uns après les autres…

http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748355260

 

AUTRES ARTICLES SUR LA DETTE

 

LES ETATS-UNIS EN FAILLITE ?

3/09/2010

Les Etats-Unis sont en faillite selon le professeur d’économie à l’Université de Boston, Laurence Kotlikoff, qui fonde son propos sur un document du FMI (Fonds Monétaire International) de juillet dernier, dans lequel on pouvait lire : « pour supprimer le déficit budgétaire, il faudrait un ajustement fiscal annuel permanent de 14 % du PIB ». Pour cela, il faudrait doubler le niveau des taxes, ce qui est impossible. (Source : Institut Economique Molinari).

 

CE QU’ON NOUS CACHE

 

LE 6 MAI 2010, IL Y A UN PEU PLUS D’UN AN, LE BLOG ECO-FRANCE TITRAIT : « SI L'ITALIE FAISAIT DEFAUT... LA FRANCE S'EFFONDRERAIT A SON TOUR ». EN EFFET, L'EXPOSITION DE LA FRANCE A LA DETTE GRECQUE (75 MILLIARDS DE DOLLARS) EST RIDICULE LORSQU’ON LE COMPARE A L'EXPOSITION DE LA FRANCE AUX EMPRUNTS ITALIENS (511 MILLIARDS DE DOLLARS SUR 1.400 MILLIARDS SOIT 36,5 % DE L’ENDETTEMENT TOTAL DE ITALIEN) . A 120-125 % DU PIB, LA DETTE PUBLIQUE ITALIENNE EST LA 6E PLUS ELEVEE DU MONDE FIN 2010 (ACTUALISE PAR RAPPORT AU LIEN) DEVANT LA GRECE ! L'HYPOTHESE D'UN DEFAUT DE CE PAYS N'EST DONC PAS A EXCLURE, IL NE FAIT PAS PARTI DES PIIGS POUR RIEN. LA DEUXIEME PHASE DE LA CRISE, CELLE DE LA DETTE SOUVERAINE, ARRIVE BIEN PLUS TOT QUE PREVU. "JE L'ATTENDAIS PLUTOT FIN 2010 OU EN 2011" dit Fabien Pot (blog Eco-France).

http://eco-france.over-blog.co​m/article-si-l-italie-faisait-​defaut-49944046.html

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