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Economics and Politics Research

André Locussol-Mascardi - EPR

Economics and Politics Research

"L'année 2011 se termine et il était temps qu'elle se termine !"

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Gilles Lemaire, secrétaire des Verts en 2003 - 2004, donne sa lecture de l'année 2011. Il exprime avec conviction ce qu'un certain nombre (qui peuvent devenir un nombre certain) d'adhérents et de coopérateurs pensent tout bas et peut-être bientôt tout haut dans son sillage :

 

"L'année 2011 se termine et il était temps qu'elle se termine !

 

C'est l'année de la catastrophe nucléaire de Fukushima,

c'est l'année la plus chaude de l'histoire de la météorologie, des plus grandes émissions de gaz à effet de serre,

c'est l'année de la crise financière, économique et sociale, avec son cortège d'exclusions, de développement du chômage et de l'exclusion,

c'est l'année du recul de la démocratie en Europe où Sarkomerkel imposent leurs politiques chaotiques mais surtout  inégalitaires aux peuples européens, notamment au peuple grec et font ainsi encore plus reculer l'envie d'Europe,

c'est l'année de la furie répressive guéantesque, l'année de la folie meurtrière de Hassad, de Kadhafi et des militaires égyptiens,...

 

Heureusement que le mouvement des indignés et les peuples arabes, dans des insurrections non-violentes, ont témoigné et parfois victorieusement que d'autres mondes sont possibles.

 

L'année 2011 avait plutôt bien commencé pour notre mouvement.

Le congrès s'était conclu sur un texte d'orientation voté à la quasi-unanimité poursuivant le rassemblement des écologistes... La primaire avait permis à EELV d'être très visible médiatiquement et les candidats étaient de valeur.

Le deuxième semestre malheureusement est catastrophique et défait une grande partie des avancées des deux années précédentes.

En premier lieu, Nicolas Hulot n'a pas su être à la hauteur de sa "défaite"; je le regrette d'autant plus que j'avais soutenu sa candidature.

Mais surtout, le processus de négociation avec le Parti socialiste a été conduit par une direction occulte du mouvement de la pire des façons.

C'est en tout premier lieu la responsabilité de Cécile Duflot.

 

Direction occulte, accusais je, car Cécile concentre tous les pouvoirs et s'appuie sur un petit cénacle de quelques personnes notamment Stéphane Sitbon-Gomez et Jean-Vincent Placé, qui n'ont aucun rôle officiel et ne tiennent leur pouvoir que de Cécile. Direction occulte anti-démocratique, car elle applique les pires méthodes de direction, achetant à coup de promesses de places ceux qui sont faibles et arrivistes, ne respectant pas les statuts quand ils leur sont défavorables; je fais référence là au choix des candidats aux élections législatives sur les circonscriptions réservées où EELV a la possibilité de faire élire des candidates et candidats.

Direction maladroite et incompétente dans sa communication. Je ne reviendrai pas sur les multiples déclarations imbéciles de Jean Vincent Placé, lançant ses piques tout azimut pourvu que cela fasse parler de lui !

 

Je préfère revenir sur la conduite des négociations avec le Parti socialiste et de la communication associée.

 

Le choix de négocier prioritairement avec le PS pouvait se comprendre encore que j'eusse apprécié que l'on respectât le texte d'orientation et que l'on ne s'enfermât pas dans le face à face avec le PS, en prenant des initiatives vers d'autres partenaires. Je n'en méconnais pas les difficultés étant donné que le PG, la FASE,.., le Front de Gauche, sont dans une phase tactique d'affirmation qui ne facilite pas le dialogue avec eux.

 

Cécile Duflot et ceux sur lesquels elle s'appuie, n'ont pas saisi l'occasion de ces négociations pour débattre au fond et rendre publique un constat des points d'accord et de désaccord entre les deux partis. Pourtant EELV, quasi unanimement, était prêt à un accord qui nous permette d'avoir suffisamment de députéEs pour mieux peser sur les lois et politiques publiques, notamment dans le cas d'une arrivée au pouvoir des sociaux-démocrates.

Mais ils ont préféré vendre notre image pour un plat de lentilles avec deux graves erreurs de communication !

 

La première, cela a été d'affirmer urbi et orbi, qu'il n'y aurait pas d'accord sans sortie du nucléaire programmée et abandon du projet d'aéroport de Notre Dame des Landes, "cette main ne signera jamais un tel accord ! (Citation de Cécile Duflot)". Et qu'en est il advenu ?

 

La deuxième, c'est la même Cécile annonçant sa candidature à Paris au moment même de la signature de cet accord qui bien entendu ne respectait pas les déclarations précédentes. Comment voulez vous que l'interprétation donnée n'en soit pas "elle a échangé l'abandon du nucléaire et du projet d'aéroport contre son poste de députée ?

 

Il eût été tellement mieux pour notre mouvement, qu'un débat sur le fond avec le Parti socialiste aboutisse à un texte constatant les points d'accord et de désaccord, et pas seulement sur les deux questions précitées, mais aussi sur les politiques sociale, économique, migratoire,... et que ce texte affirme que les deux partis constatait qu'ils souhaitaient conjointement bouter hors de l'Elysée le sieur Sarkozy et changer la majorité à l'Assemblée nationale mais n'étaient pas encore prêts à gouverner ensemble sur le constat conjointement fait. Et même ce dernier point eût pu être passé sous silence.

 

Il eût été tellement mieux pour l'image de notre mouvement que les légitimes ambitions de Cécile Duflot ne soient pas immédiatement rendues publiques, pour qu'un lien, qui fût destructeur, ne se crée pas entre la signature de l'accord et son ambition personnelle !

Mais comment comprendre de la part de personnes, dont je ne nierai pas l'intelligence, de telles fautes politiques ?

 

Je ferai un détour vers un passé récent qui peut nous éclairer.

 

En 1997, suite à une dissolution heureuse de l'Assemblée nationale par un premier ministre du nom de Villepin, Lionel Jospin devient Premier ministre et Dominique Voynet, alors secrétaire nationale des Verts, Ministre de l'Environnement. Dominique Voynet installe alors comme secrétaire national à sa place Jenan Luc Bennahmias,  lui disant quelque temps plus tard "c'est moi qui reste la patronne ne l'oublie pas"

Durant cette législature, de bonnes décisions ont été prises et d'autres moins bonnes, pour le moins !

Privatisations, décrets autorisant un laboratoire sur l'enfouissement des déchets nucléaires en Lorraine à Bures et la culture de deux OGM, loi sur l'eau massacrée, politique de l'immigration conduite par Chevènement dans la poursuite des lois Pasqua (gaulliste mafieux et répressif des années 89-90), deuxième lois sur les 35 heures très critiquable aboutissent d'ailleurs à une sévère mise en cause de Dominique Voynet, au constat qu'il eût été préférable de rompre la solidarité gouvernementale en 2000 et sur ces bases critiques à un renversement de majorité interne chez les Verts au Congrès de Nantes en décembre 2002.

 

Cécile Duflot vient d'adhérer aux Verts, dans le groupe de Villeneuve Saint Georges animé par Liliane et Daniel Dayot (Liliane est décédée et Daniel a quitté EELV critique des pratiques de Cécile et de l'évolution du mouvement; j'espère que Cécile, qui aimait Liliane, se pose parfois la question de savoir ce que Liliane penserait de son évolution).

Cécile fait partie du courant critique, Désir de Vert, qui devient majoritaire. Il lui est proposé d'entrer au collège exécutif, équivalent du bureau exécutif d'EELV. Je me souviens d'une discussion avec Cécile, où elle me dit ses craintes de ne pas en être capable, ce à quoi je lui ai répondu "je n'ai aucun doute sur tes capacités ma seule crainte est que nous mettions en place une nouvelle Dominique Voynet" J'avoue qu'à l'époque je n'y croyais pas moi même ! Eh bien malheureusement c'était prémonitoire, et je me pose souvent la question de savoir si je dois regretter d'avoir alors poussé Cécile à la direction des Verts.

 

Je ne m'explique le comportement de Cécile et de ses proches, les erreurs grossières de ces derniers mois que par leur isolement dans la "politicaille" et dans l'enfermement des ambitions personnelles, qui leur font perdre tout contact avec le réalité commune.

 

Alors j'en viens à mes vœux.

 

Pour Cécile et Stéphane, que j'ai aimé et avec qui j'ai par le passé souvent dialogué, j'espère encore qu'ils vont se remettre en cause et revenir à leurs engagements d'il y a quelques années.

 

Pour notre mouvement auquel je tiens et qui me semble toujours indispensable, malgré les envies qui peuvent parfois devant nos déchirements et retours arrières me prendre d'en démissionner pour ne m'en tenir qu'à mes engagements associatifs, je souhaite qu'il résiste à la tentation des ambitions personnelles et qu'il n'entre pas dans un gouvernement qui sera à la fois timide et impuissant devant la gravité des situations que nous allons rencontrer dans les années à venir. Et si par malheur, la direction actuelle l'entrainait dans cette impasse, je souhaite qu'au sein d'EELV se constitue un pôle le plus large possible et le plus ouvert possible de résistance à ce qui serait une erreur majeure, sachant que l'avenir sera à ce pôle,

 

n'en doutez pas !

 

le 31 décembre 2011

gilles lemaire

secrétaire national des Verts en 2003 et 2004 "

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