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Economics and Politics Research

André Locussol-Mascardi - EPR

Economics and Politics Research

CRISE DE LIQUIDITES = KRACH MONETAIRE, BOURSIER ET ECONOMIQUE

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Pourquoi une crise monétaire et financière se profile-t-elle à l'horizon de 2018/2019 ? Crise de liquidités des banques centrales et des institutions financières internationales (Réserve fédérale, BCE...) qui n'ont plus de marge si un Krach boursier survient, faute de liquidités.

En effet, on argue que le ratio de fonds propres et de capital des banques a augmenté et est passé à 8 % (voir accord de Bâle 2 et 3). Ceci est dérisoire, si les banques connaissent un "badwill" de 10 à 20 % (correspondant à des créances douteuses) et si leur petit capital est submergé par des défauts de paiement de leurs débiteurs.

Prenons comme exemple l’affaire Kerviel. Dans ce cas précis, les 29.1 milliards d’euros de capital de la Société Générale (en 2008) n’auraient pas suffi à couvrir les 50 milliards d’euros d’engagements de la banque sur les marchés financiers, si la perte avait été supérieure à 60 % des engagements de la banque sur les marchés dérivés. Heureusement, celle-ci ne fut que de 4.9 milliards d’euros ! Mais elle aurait pu être moindre si la direction de la banque et son PDG Daniel Bouton n’avaient pas paniqué en plein WE. Et, s'ils avait fait preuve de plus de sérénité et de discernement…

Monsieur Bouton et son staff auraient dû se rappeler de ce proverbe boursier : « tant qu’on n’a pas vendu, on n’a pas perdu ». Les bourses remontant toujours après une forte baisse (rebond technique) !

Aujourd’hui en septembre 2018, les plus grandes banques centrales – Réserve fédérale ou BCE -, n'ont plus le droit à l’erreur, faute de liquidités pléthoriques, pour défendre les banques en difficultés. En effet, celles-ci ont rachetées aux banques leurs créances douteuses, pour nettoyer leurs bilans et les remettre à flot. Mais, elles n'ont aucune possibilité, peu ou prou, de revendre ces titres pour se procurer des liquidités pour sauver d’éventuelles banques en difficulté !!!

Rappelons-nous du déroulement de la crise de 2007-2008, lorsque les banques centrales et les institutions monétaires internationales avaient encore une petite marge de manœuvre.

Extrait de mon livre « Crise et suicide du libéralisme », Mon Petit éditeur, 2010-2011, à propos des besoins de liquidités lors de la crise de 2008 :

« 10/08/07 : Les institutions monétaires volent au secours des marchés. En deux jours – 10 et 11 août –, des banques centrales, aux Etats-Unis, en Europe et en Asie, injectent plus de 330 milliards de dollars d’argent frais afin d’apaiser les tensions sur les marchés monétaires interbancaires et d’éviter une crise de liquidités. Officiellement, l’opération n’est pas concertée. La seule BCE a injecté 94,8 milliards d’euros en réaction à la montée en flèche des taux d’intérêt au jour le jour, ce qui traduit une vraie crise de confiance entre les banques. A titre de comparaison, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, la BCE avait injecté sur le marché 110 milliards d’euros environ. »

…/…

« 12/12/07 : Deuxième vague d’intervention des banques centrales pour fournir des liquidités et apaiser les tensions sur le marché interbancaire. La Fed, la BCE, la Banque d'Angleterre, la Banque nationale suisse ainsi que la Banque nationale du Canada ont mis au point une action concertée, exceptionnelle par son ampleur. L’opération est accueillie avec un certain scepticisme par les marchés, qui y voient surtout la confirmation de la gravité de la crise en cours. »

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« 10/01/08 : Nouvelle action concertée, la troisième, de la Fed et de la BCE, qui mettent aux enchères des liquidités en dollars. »

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« La liste des faillites s’allonge de jour en jour, bancaires ou autres, qui montre que nos pays sont gravement malades des liquidités perdues qui manquent à l’économie productive et inévitablement à la croissance. En 2007, l’économie américaine n’a enregistré que trois faillites bancaires pour passer à 25 en 2008. En 2009, en quatre mois il y a eu 29 faillites plus qu’en 2007 et 2008 réunis. On a ensuite atteint aux Etats-Unis le chiffre de 50 faillites en six mois pour terminer l’année à plus de 150 faillites de banques pour la plupart régionales. Les chiffres de l'agence fédérale américaine de garantie des dépôts bancaires (FDIC) montraient début 2008 qu’il existait près de 600 autres établissements « à risque », et elle ne prévoyait pas d'amélioration avant 2011. »

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« Que se passerait-il si la confiance dans la solidité financière des Etats diminuait ou disparaissait ou si, à moyen terme, nos gouvernements étaient étranglés par le poids des intérêts de la dette (le service de la dette) et ne pouvaient plus financer leurs dépenses courantes ? Nous subirions une crise qui échapperait à notre contrôle et dont nul ne pourrait prévoir l’extrême gravité.

Il resterait tout en haut de la pyramide le Fond Monétaire International (FMI), le prêteur en dernier ressort, pour jouer les pompiers de service des Etats en difficulté. Un grand argentier qui vient d’habitude au secours des pays africains ou des pays émergents via la Banque mondiale, mais qui a connu aussi les affres de l’assèchement des liquidités à cause du défaut de financement des plus grands pays. On n’ose imaginer le scénario catastrophe avec le FMI en cessation de paiements car tous les pays pauvres seraient automatiquement ruinés et les pays développés n’auraient plus aucune solution de repli. Un risque existe encore en cas de retard de paiement ou de non-paiement des quotes-parts, qui pourrait concerner les grands du G8 en difficulté.

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Cela dépasse l’entendement. Comment un Etat peut-il être en faillite ? Pourtant, cela est bien réel avec l’Islande, la Californie, Dubaï, la Jamaïque, l’Irlande, la Grèce, l’Espagne et le Portugal au bord du gouffre. A cette liste pourraient s’ajouter les états américains de l’Illinois, du Nevada, du Maryland, de Pennsylvanie, du Connecticut, de l’Arizona et d’autres qui représentent plusieurs dizaines de milliards de déficit. Mais les grands pays du G8 ne sont pas à l’abri d’une telle sanction qu’ils pourraient connaître en 2011-2012 ou plus tard, avec dans l’ordre « des prioritaires », le Royaume de sa très gracieuse majesté Elisabeth II, les Etats-Unis, le Japon et la… France dont l’endettement frôlera ou dépassera les 100 % d’ici là. On disait ces Etats intouchables, solvables et pourtant ils ont de plus en de difficultés à trouver des prêteurs sur les marchés internationaux. Le pire des scénarii est en train de se dérouler sous nos yeux impuissants car il ne reste plus derrière eux que quelques fonds souverains, le Fonds monétaire internationale que l’on vient de citer, et le vide. »

Et, en ce qui concerne les politiques monétaires,

« La politique monétaire est un instrument destiné à aider la relance en rendant l’argent moins cher grâce à la baisse des taux. C’est le principal outil de politique économique, le levier classique pour freiner ou relancer la croissance, voire pour réduire l’inflation (en réduisant la masse monétaire en circulation) en jouant sur le taux d’intérêt. Cette politique est décidée à Francfort pour la monnaie unique. En l’occurrence, une baisse des taux d'intérêt va favoriser la demande de crédit par les ménages et les entreprises, ce qui entraînera une hausse de l'activité économique. »

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« 10/08/07 : Les institutions monétaires volent au secours des marchés. En deux jours – 10 et 11 août –, des banques centrales, aux Etats-Unis, en Europe et en Asie, injectent plus de 330 milliards de dollars d’argent frais afin d’apaiser les tensions sur les marchés monétaires interbancaires et d’éviter une crise de liquidités. Officiellement, l’opération n’est pas concertée. La seule BCE a injecté 94,8 milliards d’euros en réaction à la montée en flèche des taux d’intérêt au jour le jour, ce qui traduit une vraie crise de confiance entre les banques. A titre de comparaison, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, la BCE avait injecté sur le marché 110 milliards d’euros environ. »

23/01/08 : Quatrième opération de la Fed sur ses taux. En toute urgence, sans attendre son traditionnel comité de politique monétaire, la Réserve fédérale réduit ses deux taux directeurs de 75 points de base, portant son taux principal à 3,5% ;

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« En effet, le dollar surnommé depuis quelques semaines, dans les salles de marchés de change, la « monnaie subprime » est en chute libre, même si l’on arrive par des manipulations monétaires à l’enrayer pour quelques semaines – grâce à l’intervention concertée des banques centrales sur le marché des changes, jusqu’à épuisement de leurs réserves. Cependant, l’injection de près de 1000 milliards de dollars dans l’économie par les banques centrales et les baisses de taux d’intérêt, surtout par la Réserve Fédérale, ont déclenché une dangereuse tendance hyper-inflationniste – qui se manifeste surtout, pour l’instant, dans le prix des produits alimentaires, de l’énergie et des matières premières –, qui pénalisera encore plus la première monnaie internationale... Or, que constatons-nous ? La Chine possède 1.500 milliards de dollars dans ses caisses, des dollars accumulés grâce à ses excédents commerciaux, qui sont en train de fondre comme neige au soleil. La descente aux enfers du dollar serait donc une catastrophe pour les banques et toute l’économie chinoise, le Yuan n’étant pas considéré comme une monnaie internationale d’échange, car surévalué et n’étant pas le fruit de l’offre et de la demande sur le marché des changes. Cette situation inquiète aussi les pays exportateurs de pétrole (le baril de pétrole est libellé en dollar), parmi lesquels certains comme le Venezuela et l'Iran réclament de vendre leur pétrole en euros, en dépit du blocage de certains pays de l’OPEP « liés par des accords » aux Américains, comme l'Arabie Saoudite, mais pour combien de temps encore ? »

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Pour l’économiste cubain Osvaldo Martinez, le plus grave est une crise à double détente : « n’oublions pas qu’en 1929-1933 il se produisit à deux reprises des hausses à la Bourse de jusqu’à 20%, précédées d’une chute et qu’en 2010 nous pourrions assister à une nouvelle dégringolade accompagnée de son lot de destruction et de pauvreté. La double chute est tout à fait possible car le caractère limité dans le temps de l’aide gouvernementale et le retour à une certaine normalité évoluent sur le fil du rasoir et demanderont une finesse et une précision extrêmes. Si les Etats-Unis décident une hausse des impôts, pour diminuer les dépenses - ce qui est improbable en raison des dépenses militaires croissantes - et combattre l’excès de liquidités, ils menaceraient de faire avorter la timide reprise. D’autre part, s’ils continuent d’accumuler des déficits en faisant marcher allègrement la planche à billets, l’inflation augmentera, les taux d’intérêt s’élèveront et le redressement serait également voué à l’échec. Il ne faut pas oublier ici que la Chine rechigne de plus en plus à acheter des bons des Etats-Unis dans la même proportion qu’elle le faisait jadis, ni les déclarations du gouvernement chinois sur la nécessité de changer le système monétaire international basé sur le dollar (…) Ceux qui pensaient avoir laissé en arrière la crise de 2008-2009 pourraient avoir une mauvaise surprise. Cette crise est différente des précédentes, et le capitalisme de nos jours est accompagné d’une combinaison trop lourde d’exploitation, d’iniquité, de spéculation et d’atteintes à l’environnement qui rendent impossible un redressement comme celui que le monde a vécu jadis en termes économiques, sociaux et environnementaux. »

Laissons la conclusion de ce chapitre au père fondateur du libéralisme économique, Adam Smith, pour mieux comprendre l’issue fatale qui nous attend, suite logique des bulles à répétition qui ont déjà causé notre perte et vont continuer à accentuer notre malheur : « le spéculateur est un être qui privilégie en toute circonstance son intérêt aveugle, avec un mépris total de l'humanité. »

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