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Economics and Politics Research

André Locussol-Mascardi - EPR

Economics and Politics Research

Le fiasco de François Hollande, face à l'avenir en commun de la Gauche (Mélenchon, Montebourg, Hamon et Peillon) ?

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Le fiasco de François Hollande, face à l'avenir en commun de la Gauche (Mélenchon, Montebourg, Hamon et Peillon) ?

François HOLLANDE et ses gouvernements n’ont rien compris pour n’avoir pas su écouter !

L’avenir commun de la gauche réside maintenant dans la France insoumise de Mélenchon et/ou dans le NPS de Montebourg, Hamon et Peillon ?

Le candidat Hollande a été incapable de tenir ses promesses de campagne de 2011/2012

En 2011/2012, dans son livre Changer de destin – son programme pour les élections de 2012 -, l'ex-premier secrétaire du PS disait qu’il était fait pour être président de la République :

  • Je suis candidat pour changer le destin de la France.
  • Tout dans ma vie m’a préparé à cette échéance
  • J’ai considéré que j’étais celui qui correspondait à la gravité du moment, à l’aspiration des Français au renouvellement, à la simplicité et à la maîtrise dans l’exercice du pouvoir…

Avec en préambule, une critique ambiguë à l’égard du président sortant ('"je n'accable pas le président sortant '', mais je dénonce ses errements !) :

  • Je n’accable pas le président sortant… Mais il doit acquitter la note des promesses qu’il a faites et dont il savait qu’elles ne seraient pas tenues : laisser croire au retour du plein-emploi, laisser espérer des gains substantiels de pouvoir d’achat pour ceux qui travailleraient davantage, laisser penser à une éradication prochaine de la violence, annoncer des projets qu’il ne voulait pas atteindre : l’État impartial, l’indépendance de la justice, la protection des plus humbles. Dois-je continuer la liste ?

Par contre, lui, promettait le Graal aux Français :

  • Quand ma présidence sera jugée par les Français, s’ils me donnent leur suffrage, je veux qu’on dise, avec le recul du temps : son quinquennat a été juste.

En 2011, Hollande s'appuyait sur ses valeurs : La vérité, le mérite et la solidarité.

Ses projets étaient si nombreux que l’on ne s’en souvient plus, sauf relire cet opuscule du parfait président. Citons les plus ambitieux, reportés aux calendes grecques :

  • Je réformerai profondément le système financier pour le mettre au service du redressement.
  • Notre niveau d’endettement est dangereux : Il faut le réduire.
  • Je ferai contribuer les plus fortunés des Français et je limiterai sévèrement les niches fiscales qui rendent l’impôt trop inégal.
  • Je favoriserai la montée en puissance des énergies renouvelables.
  • L’État doit favoriser le logement des Français, en lançant un grand programme de construction.
  • Je faciliterai l’accès aux soins, et je soutiendrai l’hôpital public.
  • Ceux qui ont leur durée de cotisations doivent pouvoir prendre leur retraite à taux plein à 60 ans.
  • Je rétablirai les principes de la Ve république.
  • Je mènerai une politique migratoire stable, transparente et digne.
  • Je créerai en cinq ans 60.000 postes supplémentaires dans l’éducation.
  • Je créerai progressivement 150.000 emplois d’avenir pour faciliter l’insertion des jeunes dans l’emploi, en priorité dans les quartiers difficiles.

Autant de promesses qui n’ont pas été tenues, comme le montre ses aveux d’impuissance de fin de mandat, entre regrets, repentis et confessions. Dévoilés dans les livres Ça tiendra bien jusqu’en 2017 et Un président ne devrait pas dire ça

Rappelons-nous que dans son livre Changer de destin, François Hollande n'avait qu'une ligne de conduite :

  • Commander, c’est décider, mais après avoir pris de bons avis, c’est écouter ce qui vient du pays, et voir loin.

Mais, le chef de l’Etat, élu en 2012, et sa garde rappprochée, n’ont pas compris la situation dans laquelle se trouvaient la France, l’Europe et le Monde en 2011/2012. Faute d’avoir écouté les plus grands économistes de la planète, et pour s’être laissé abuser par les conseillers de la CDU de la Chancelière Angela Merkel, ainsi que par les économistes néoclassiques, les chiens de garde de la pensée unique, qui font les choux gras des médias…

En 2011/2012, Paul Krugman – prix Nobel (prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel) en 2008 -, écrivait Sortez-nous de cette crise… MAINTENANT ![1]Comme une mise en garde à François Hollande et à tous ceux qui nous gouvernent et signent une politique d’austérité. Car, pour le professeur de Princeton, il s’agit de ''renouer avec une stratégie keynésienne qui suppose de l’inflation''. Il ajoute même que ''les élites politiques (F. Hollande est particulièrement visé) et les économistes néo-classiques se sont épaulés pour juguler toute approche hétérodoxe de l’économie''.

Il s’en prenait même directement au chef de l’État français, fustigeant sa politique économique en ces termes :

  • Les derniers choix présidentiels représentent selon lui quelque chose de «scandaleux»: embrasser «des politiques économiques de droite pourtant discréditées». «Oui, des conservateurs sans cœur et butés ont mené la politique, mais ce sont des politiciens de la gauche modérée, mous et brouillons qui les ont encouragés et leur ont facilité la tâche»

Des choix présentés par le fidèle lieutenant et ministre Stéphane Le Foll (aussi incompétent en économie qu’en agriculture) en ces termes : « La politique de l’offre n’est ni de droite ni de gauche, elle est aujourd’hui nécessaire »

En 2011/2012, dans une société de plus en plus inégalitaire, Joseph E. Stiglitz (prix Nobel : prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel) en 2001, écrivait Le prix de l’inégalité[2].

Il commençait sa préface par ces lignes :

  • Il y a des moments où, dans le monde entier, les peuples se lèvent. Ils disent : ça ne va pas – et exigent que ça change. C’est ce qui s’est passé en 1848 et en 1968, et ces années tumultueuses ont, l’une et l’autre, donné le coup d’envoi d’une ère nouvelle. L’année 2011 a peut-être été un nouveau moment de ce genre…

Et il concluait :

  • Un autre monde est possible. Nous pouvons faire en sorte que les marchés fonctionnent, du moins fonctionnent mieux. De même, nous ne créerons jamais un système où il y aura la pleine égalité des chances, mais nous pouvons nous rapprocher de l’égalité des chances… Les 99 % pourraient prendre conscience qu’ils ont été dupés par le 1 %, que ce qui est dans l’intérêt des 1 % n’est pas dans leur intérêt…

En 2011/2012, Jérémy Rifkin, qui conseille l’Union européenne et des chefs d’État du monde entier, l’un des penseurs les plus populaires de notre temps, écrivait en introduction de son livre La troisième révolution industrielle[3] :

  • Notre civilisation industrielle est à un carrefour. L’énergie fossile qui constitue l’étoffe même de son mode de vie est à bout de souffle, et les technologies qui en sont faites et qu’elle propulse sont désuètes. Toute l’infrastructure industrielle fondée sur le pétrole et les autres énergies fossiles vieillit et se délabre…

Dans le résumé du livre, Jérémy Rifkin montre que la fusion de la technologie d’Internet et des énergies renouvelables peut créer une puissante dynamique de « Troisième révolution industrielle ». Il nous demande d’imaginer un monde où des centaines de millions de personnes produisent leur propre énergie verte… et la partagent.

En 2011/2012, Thomas Picketty – prix Yrjö Jahsson de l’European Economic Association 2013, prix Pétarque de l’essai France culture Le Monde 2014 -, écrivait un best-seller vendu à des millions d’exemplaires dans le monde, intitulé Le capital au XXIe siècle[4], où il évoque :

  • La répartition inégalitaire des richesses, en montrant la contradiction fondamentale dans le rapport entre la croissance économique et le rendement du capital…

Et dans sa conclusion, il note que :

  • L’entrepreneur tend inévitablement à se transformer en rentier, et à dominer de plus en plus fortement ceux qui ne possèdent que leur travail. Une fois constitué, le capital se reproduit tout seul, plus vite que ne s’accroit la production. Le passé dévore l’avenir. Les conséquences peuvent être redoutables pour la dynamique à long terme de la répartition des richesses, surtout si l’on ajoute à cela l’inégalité du rendement en fonction de la taille du capital initial, et si ce processus de divergence des inégalités patrimoniales se déroule à l’échelle mondiale. »

Car L’argent appelle l’argent

En 2011/2012, Steve Keen, économiste australien, professeur à l'Université Kingston de Londres et récompensé par le Revere Award for economics[5] - le premier à avoir clairement prévu et donné l’alerte sur l’effondrement de la finance mondiale -, écrivait dans son livre L’imposture économique[6], comment en 2007 et 2008 tous les économistes classiques (détenteurs de la pensée unique) avaient été incapables de voir venir la crise des Subprimes et la crise économique qui en découla :

« L’incapacité totale de l’économie néoclassique à anticiper la crise projeta, comme jamais auparavant, la théorie économique et les économistes sous le feu des critiques du public. Ces derniers se défendirent en répétant que « personne n’aurait pu la voir venir. Ils se réfugièrent dans l’idée que la crise était « un cygne noir », usant, hors contexte, de l’expression de Nassim Taleb[7], en ignorant le fait que de nombreux économistes hétérodoxes et moi-même l’avions vue venir depuis longtemps ».

Dans mon ouvrage Krach 2007 : La vague scélérate des Subprimes[8], j’ai aussi annoncé cette crise financière - la plus dévastatrice depuis celle de 1929 -, qui nous menaçait depuis le début des années 2000. Après celles monétaires de 1997/1998 et celle de la Nouvelle économie de 2000 (avec la disparition de 95 % des entreprises de ce secteur des TMT, Technologiques-Médias-Télécommunications, cotées à la Bourse de Paris)[9].

Hollande, son gouvernement et leurs conseillers, n’ont pas voulu tenir compte de tous ces lanceurs d’alertes. Pire, le président de la République a menti à tout un peuple qui avait confiance en ses pouvoirs, qui ne furent que ceux d’un illusionniste.

S’il a renoncé à exercer un second mandat, ce n’est pas pour le peuple de gauche, pour la France, mais pour éviter que son ego surdimensionné en pâtisse, que sa famille soit humiliée et agonie, et que son image soit écornée et définitivement enterrée…

L’avenir de la gauche est maintenant dans les mains de la France Insoumise et de son héraut JL Mélenchon, d’un côté, et du clan NPS Montebourg/Hamon/Peillon, de l’autre.

En ce qui concerne le(s) premier(s) – portés par le livre (programmatique) L’avenir en commun[10] -, leur alliance avec le FDG (là où il existe encore !), les partis ou mouvements de gauche (PC, PS, Ensemble), les syndicats, les mouvements de citoyens et les associations sociales, progressistes, peut rapporter gros à condition qu’ils s’entendent… Mais, c’est en bonne voie, au moins sur le programme, accepté de part et d’autre à près de 100 %, à part quelques formulations et virgules !

Pour les seconds, leurs candidatures individuelles sont plus que surprenantes, lorsqu’on sait qu’ils ont publié collectivement le livre Au cœur de la gauche[11] en 2004, avec un autre candidat à la primaire 2017, Gérard Filoche et d’éminents socialistes dissidents. Chacun rédigeant un ou deux chapitres de l'ouvrage. Un livre prémonitoire (on y parle du 49.3), qui abordait, il y a 12 ans, les mêmes sujets qu’aujourd’hui.

Des sujets dont on débat régulièrement aujourd'hui, dans le cadre des présidentielles et des législatives de 2017, comme :

  • Reconstruire des outils d’action collective.
  • Face à la désintégration des entreprises publiques et la dénaturation des services publics, rétablir une approche démocratique de la gestion des services publics.
  • Le développement durable pour transformer la société et le rôle majeur des autorités locales.
  • Face aux précarités et à la pauvreté, assurer le retour des personnes à l’autonomie.
  • Augmenter les salaires et redistribuer les richesses.
  • Face aux attentes de la santé au travail pour une démocratie économique dans les entreprises.
  • Une fiscalité juste contre un monde libéral.
  • AVEC une exception française : le 493 ?

Il est, en effet, difficile d’imaginer que ces trois candidats, membres du même courant, après avoir écrit ce livre, et avoir critiqué violemment, à Boulazac, en 2005[12], le secrétaire du PS de l’époque, François Hollande, - alors qu’ils venaient proposer au nouveau courant de s’allier pour s'opposer au courant majoritaire du futur président de la République -, puissent se présenter les uns contre les autres, aux présidentielles de 2017 ?

On pourrait croire que c’est cousu de fil blanc, pour mieux déstabiliser Valls. Pourquoi les mêmes, qui, dans le fief de Germinal PEIRO (un proche du président Hollande), s’unissaient pour démolir le secrétaire du Parti socialiste – décrit comme incompétent, rigide, autocrate -, seraient-ils devenus soudain adversaires ? On n’ose le croire. Quelle stratégie manigancent-ils ? Si on suit cette hypothèse, soit ça marche et c’est le gros lot pour la bande des trois, soit ils se ramassent et leurs carrières politiques avec !

Une alliance entre les deux camps (France Insoumise et le trio NPS) n’est pas à exclure et pourrait se révéler payante, pour regagner la confiance des déçus de tous bords, en reconquérant les voix des électeurs de gauche désemparés et de ceux qui ont migré sous d’autres cieux…

La primaire de la Gauche - qui ne doit pas s’appeler ainsi, Messieurs et Mesdames les journalistes, mais primaire du  PS, tellement il y a eu de tripatouillages et d’exclusions ordonnancées par le parti majoritaire – nous réservera bien des surprises d’ici à fin janvier, sans pour autant que l’on soit peut-être plus avancé sur les alliances à gauche…

Quant à Macron, il sera peut-être marron (si j'ose cette boutade/rime !). L’électron libre social-libéral, nous gratifiera sans doute de trois petits tours et puis s’en ira !


[1] Editions Flammarion, septembre 2012

[2] Editions LLL, septembre 2012

[3] Editions LLL, février 2012

[4] Editions du Seuil, septembre 2013.

[5] Décerné pour son rôle de premier plan et son travail de pionnier par la Real-World Economics Review.

[6] Zedbooks Ltd, 2011, publié en France en oct. 2014, par les éditions de l’Atelier/éditions ouvrières.

[7] Le cygne noir, la puissance de l’imprévisible (2007), Les belles lettres, 2012.

[8] Editions Le Manuscrit, 2007.

[9] Ma conférence sur les perspectives de la Nouvelle économie en 1999, dans le cadre des petits déjeuners économiques, auxquels étaient conviés les chefs d’entreprises de Rueil-Malmaison.

[10] L’avenir en commun, le programme de la France insoumise et de son candidat Jean-Luc Mélenchon, Editions Le Seuil, déc. 2016.

[11] Au cœur de la gauche - éléments pour un projet politique - ouvrage collectif, éditions Le bord de l’eau, 2004.

[12] Invités au congrès du tout nouveau courant du parti socialiste Alternative socialiste, créé par Henri Emmanuelli et ses collègues.

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