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Economics and Politics Research

André Locussol-Mascardi - EPR

Economics and Politics Research

LE SORT DE LA DETTE GRECQUE DANS LES MAINS D’ANGELA MERKEL

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BFM Business, tout comme l’oligarchie financière tente de faire peur, de façon simpliste et ridicule, en sortant les chiffres de leur contexte !

La 1ère chaîne d’information pour les affaires nous explique, le 26 janvier 2015, que si la Grèce ne remboursait pas sa dette de 322 milliards d’euros, il en coûterait 48,3 milliards à la France (prorata de ses engagements et de son exposition), soit 727 euros pour chaque Français, en tenant compte d’une population de 66,4 millions d’habitants…

Ce chiffre est d’autant plus contestable – en dehors du fait que notre démographie galopante est plus proche de 70 millions -, qu’il est purement théorique, le fruit d’un calcul simpliste (où même les enfants nés depuis quelques jours vont devoir payer comme pour le calcul de la dette française par habitant), mais surtout désireux de faire peur aux citoyens/contribuables que nous sommes, peu avertis de ces sujets que la « Finance » manipule avec une grande habilité et irresponsabilité…

Ce genre d’affirmation à la UNE d’un média financier, soi-disant initié, est inexact et même mensonger, car Alexis Tsipras n’a jamais dit qu’il ne rembourserait pas la dette grecque. Il a juste émis des conditions que nous détaillerons dans les paragraphes suivants.

80 % DE LA DETTE GRECQUE EST DETENUE PAR DES INSTITUTIONS PUBLIQUES

Ce chiffre n’inclut pas les bonds (bon du trésor) détenus par les institutions financières grecques, qui rachètent à tour de bras des bonds émis par le Trésor grec. Une pratique dont la Banque centrale européenne (BCE), s'émeut en raison du « risque que le bilan (des banques grecques) soit plombé par des actifs de mauvaise qualité », sorte d’obligations pourries comme on dit dans le jargon financier. Fin mars 2015, l’institution européenne a donc intimé aux banques grecques « de ne pas augmenter leur risque », et de cesser d'acheter de la dette d'Athènes.

Fin 2011, la Barclays Bank donnait les chiffres suivants :

- Dette grecque : 360 milliards d’euros pour un PIB de 230 milliards soit un ratio dette/PIB de 156 % en 2011. En 2012, la dette grecque a été restructurée, les créanciers privés acceptant de perdre 53,5 % de leurs créances qui s’élevaient à 206 milliards, soit 110 milliards (certains chiffres donnent 107 milliards). Mais la dette grecque, qui n’était donc plus que de 250 milliards en mars 2012, a continué à grimper pour atteindre 322 milliards en 2015. On voit donc bien que les gouvernements conservateurs et socialistes ont dégradé la situation : + 72 milliards de dette depuis 2011, soit un ratio Dette/PIB en hausse de + 19 % (175 au lieu de 156 %).

- Les créanciers de la dette grecque étaient en 2011 : L’Europe (BCE et banques nationales) pour 100,1 milliards d’euros, la Grèce pour 87,1 milliards, la France pour 15,6 % (banques et assurances), l’Allemagne pour 15,2 % (banques et assurances), le FMI pour 15 milliards, l’Italie pour 4,7 milliards (banques et assurances), Dexia pour 3,5 milliards, Reste du monde pour 118,8 milliards (banques, assurances, fonds et investisseurs privés)…

Aujourd’hui en 2015, la dette grecque qui s’élève à 322 milliards d’euros (317 milliards à ce jour), a pour créanciers selon les données du FESF et du FMI :

- La BCE pour 27 milliards ;

- Le FMI pour 32,1 milliards (d’autres évoquent le chiffre de 24 milliards) ;

- Le FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière ou d’assistance financière pour aider les pays de la zone euro en difficulté) pour 141,8 milliards d'euros ;

- Les pays européens (prêts bilatéraux) pour 53 milliards ;

- Les créanciers obligataires PSI (ces fameux bonds ou obligations du trésor émises par l’Etat grec) pour 30 milliards. Mais certains comme les Echos, parlent de 63,8 milliards d’obligations grecques et de 2,6 milliards d’obligations étrangères avec des chiffres différents pour les autres postes ?

- Et divers autres créanciers pour 35,1 milliards.

« Selon BNP Paribas… sur la base des seules créances du FESF et des prêts bilatéraux, l'Allemagne est le pays le plus exposé au risque souverain grec avec 56,5 milliards d'engagements, suivie par la France (42,4 milliards et non 48,3 comme le prétend BFM Business), l'Italie (37,3 milliards) et l'Espagne (24,8 milliards) »(1) . Par ailleurs « Les banques allemandes sont exposées à hauteur de 23,5 milliards d’euros à la Grèce mais le risque systémique est limité car les principales banques commerciales : Deutsche Bank et Commerzbank ne détiennent qu’une petite part de ces créances. L‘établissement allemand le plus exposé est la banque publique de développement KFW avec des prêts d’un montant de 15 milliards d’euros à l’Etat grec, selon les données de la fédération bancaire allemande. » (2)

Ce qui permet de mieux comprendre l’attitude de l’Allemagne, dont les dirigeants se déchirent sur la révision de la dette grecque, et ne veulent surtout pas entendre parler des dettes (bien réelles) de l’Allemagne vis-à-vis de la Grèce, effacées par le fait du prince, après les deux guerres mondiales de 14-18 et 39-45 (sujet évoqué dans les chapitres suivants).

Précisons, qu’en ce qui concerne la créance de la France – les médias rivalisant d’imagination pour dire que ce sont les Français qui paieront l’addition en totalité, une contre-vérité habillée de démagogie -, c’est beaucoup plus complexe que ce que l’on veut bien nous dire !

En effet, l’Etat français est débiteur pour une partie, qui fera éventuellement l’objet de la part du Trésor public d’une provision pour risque,(3) au moins partiellement, en cas de non-remboursement de ces obligations (à des taux très bas). Une autre partie de la créance n’étant constituée que par une garantie3 sur les fonds empruntés par la Grèce. Et n’oublions pas que l’Etat français touche des intérêts (voir le second paragraphe suivant)…

LES DETTES DE L’ALLEMAGNE ONT ETE EFFACEES !

Les dettes de l’Allemagne vis-à-vis de la Grèce – après les 1ère et 2nd guerres mondiales -, ont été occultées :

- L’Allemagne, qui refuse tout allègement de la dette grecque, a bénéficié à deux reprises d’un effacement total et partiel de ses dettes. Après la 1ère guerre mondiale (même si cela remontre à près d’un siècle…) - comme pour les emprunts russes qui datent du XXe siècle et qui font toujours l’objet de litiges intégrés dans la capacité de la Russie à rembourser ses dettes (pris en compte par les agences de notation) -, elle n’a remboursé que 1 % de cette dette. Puis, après la 2e guerre mondiale sous la pression (je devrais dire le chantage !) des Etats-Unis (4), la dette allemande a été réduite de 62,6 % en 1953 (avec possibilités de renégociation) (5), et que la 4e puissance mondiale a toujours des dettes vis à vis de la Grèce (en dehors des frais d'occupation, le pillage de son patrimoine par les Nazis, sans compter les emprunts forcés jamais honorés) (6). C'est donc une conviction que les Allemands ont une «dette» à l'égard de la Grèce. Une dette dont le montant, selon les différents modes de calcul utilisés, pourrait atteindre 162 milliards à 230 milliards d'euros, et ce sans les intérêts. Une dette qui, si elle était honorée, pourrait donc résoudre quasiment à elle seule l'abyssale question de la dette grecque.

- Dany Cohn-Bendit évalue cette dette de l’Allemagne vis-à-vis de la Grèce à 80 milliards d’euros alors que Jean-Luc Mélenchon parle du double, 168 milliards d’euros. Lorsqu’on actualise cette dette à 2015 – en comptant les intérêts à 1 %, taux ridiculement bas alors que la Grèce a payé jusqu’à 10 % d’intérêts sur les prêts et même 45 %, sur les Obligations à 10 ans émises par le gouvernement grec - on obtient, intérêts compris, un montant de 300 à 426 milliards d’euros. Avec le calcul suivant : 1,85 (= 1+ 1% d’intérêts sur 62 ans) X montant estimé de la dette allemande ; 62 ans étant le laps de temps qui s’est écoulé entre 1953 (date de l’effacement de plus de 60 % de la dette allemande) et aujourd’hui. En prenant le chiffre de Dany Cohn-Bendit (80 milliards hors intérêts), cela nous donne une dette actualisée (intérêts compris) d’un montant de 148 milliards intérêts compris.

Et même si on effaçait 60 % de la dette allemande, nous aurions une dette de l’Allemagne vis-à-vis de la Grèce de l’ordre de 120 à 170 milliards d’euros.

LA CHARGE DE LA DETTE GRECQUE

« La charge de la dette est l’ensemble des dépenses de l’État consacrées au paiement des intérêts de sa dette ». A ne pas confondre avec le service de la dette qui comprend les intérêt et le capital remboursé.

Depuis 2010, sur quatre ans, les prêts de la France à la Grèce ont rapporté 730 millions d’euros à Bercy (7) , soit autant de recettes pour le budget de la France (ce qui correspond au budget du ministère de la Culture en 2015). Quant à la BCE, elle reverse à la Grèce les intérêts qu’elle gagne avec ses achats de dette grecque.

En effet, les différents créanciers de la Grèce (banques et institutions publiques, dont la BCE et le FMI par le biais de la banque mondiale) ont prêté à 6 % et plus, et ont acheté des bonds (obligations du trésor grec) à 10 ans, à des taux parfois usuraires, de 4 % à 44 % (au 29 janvier 2015 : 10 %), et se sont engraissés sur le dos des citoyens grecs les plus pauvres... Un effort peut donc être fait de leur part – à condition que le client/contribuable ne trinque pas -, car ces banques, dans un certain nombre de cas, ont quasiment récupéré leur mise !

A cela, on pourrait ajouter la spéculation effrénée qui règne sur les marchés financiers. Des spéculateurs qui s'en sont donnés à cœur joie en faisant courir les bruits les plus extravagants, avant les élections, sur la sortie de la Grèce de la zone euro et même de l'UE, sur la future politique de nationalisation et de protectionnisme de SYRIZA, d'où une chute des bourses internationales (et surtout celle de la Grèce), suivi de rebonds spectaculaires, le jour de l'élection et après... avec des gains de de 30 à 100 % voire plus en quelques jours et des dizaines de milliards de dollars de profits - surtout grâce au marché des options et à celui des contrats futures, les plus spéculatifs. La rumeur étant l'arme la plus redoutable sur les marchés financiers - pour les non-initiés -, quand on sait bien s'en servir !

La dette grecque a déjà fait l’objet d’une restructuration en 2012 suite à un accord avec les créanciers privés, ce qui a permis d’effacer 107 milliards d’euros de créances. L’accord conclu concerne aussi une diminution conséquente du taux d’intérêt et un allongement de la durée de remboursement.

Malgré cela, la charge de la dette (les intérêts) reste très importante, comme le dit l’économiste Paul Jorion : « Le taux de la dette grecque à dix ans a dépassé le seuil des 10%, mais est-ce en soi si important ? Le taux de plus de 9% à dix ans qui prévalait déjà rendant de toute façon inabordable toute tentative d’aller sur le marché, ce n’est pas sur le marché que cela va se jouer, l’affaire est purement politique. »

Il conviendrait donc, que l’Europe change son fusil d’épaule, en visant les riches plutôt que les pauvres , car la politique d’austérité - menée en Grèce par les gouvernements précédents -, a fait des ravages sur le plan social et tout particulièrement de la santé, en précipitant les grecs dans la précarité et la misère.

La suppression, au moins partielle, comme le demande Alexis Tsipras, de cette dette « odieuse » dépend de l’attitude de l’Europe et de la BCE, coachés par l’Allemagne. La commission européenne, maitre d’œuvre des négociations, ferait mieux, au lieu de prêter de l’argent sans cesse à la Grèce - qui ne sert qu’à payer le service de la dette et pas à relancer l’économie -, de mettre un peu d’eau dans son vin (grec) en acceptant les conditions de SYRIZA. Sous peine de tout perdre et de provoquer une fracture incommensurable au sein de la zone euro (d’autres pays comme Chypre pourraient suivre) et peut-être l’implosion de l’Union européenne. Cela provoquerait dans un premier temps, un renchérissement de l’euro, puis certainement ensuite sa descente aux enfers dans la crainte que les exclusions se poursuivent dans un climat d’incertitude dont ont horreur les marchés monétaires et financiers.

Les créanciers institutionnels seraient donc bien inspirés en :

- Effaçant au moins partiellement la dette de la Grèce,

- Reculant sa maturité à 50 ans, voire plus,

- Envisageant (dans le cas d’un remboursement partiel), une baisse des taux au même niveau que les pays les mieux notés - de l’ordre 0,5 à 1 % -, comme c’est déjà le cas pour une partie de la dette !

En effet, le FESF (Fonds européen de stabilité financière) a prêté officiellement à la Grèce 141,8 milliards d’euros (sur les 322 milliards) à un taux de 1,5% avec un moratoire pour le paiement des intérêts durant 10 ans. Ce que nuance Christopher Dembik, économiste chez Saxo banque, qui affirme que : « le Fonds européen de stabilité financière (FESF) prête à un taux de 3,5% » et Céline Antonin, économiste à l’OFCE ajoute : « Et les Etats, à des taux inférieurs à 0,6% ».

En 2013, sur les marchés monétaires, l’obligation du trésor ou emprunt à 10 ans était pour les titres grecs étaient au taux d’environ 9 à 10 %, alors qu’il se situait à 0,63% pour la France (en mai 2015, il est même devenu négatif !)…

Toutefois, dans les faits, la Grèce n’emprunte quasiment jamais à 9 %. Quand elle se finance auprès des marchés financiers, elle n’émet que des emprunts à trois mois (bons du trésor), concédés à des taux moindres. Et, concernant les prêts bilatéraux entre états, les taux varient suivant les pays.

DEPUIS FIN MARS 2015, LA BCE DEMANDE AUX BANQUES GRECQUES DE NE PLUS ACHETER DE DETTE D'ATHENES (8)

« La Banque centrale européenne estime que la dette du pays fait peser un risque sur les établissements financiers grecs, a indiqué mercredi à l'AFP une source au fait du dossier. Or, ces derniers permettent à Athènes de se maintenir à flot financièrement... »

Pourquoi ?

« La BCE, chargée depuis novembre 2014 de la supervision des banques européennes en sus de son mandat de politique monétaire, met désormais la pression sur les établissements financiers grecs. Elle s'émeut du "risque que le bilan (des banques grecques) soit plombé par des actifs de mauvaise qualité", a expliqué une source au fait du dossier à l'AFP, mercredi 25 mars. L'institution a intimé aux banques "de ne pas augmenter leur risque" dans une "communication" cette semaine. Elle leur demande notamment d'arrêter d'acheter de la dette d'Athènes. »

« En effet, Athènes écoule ses bons du trésor auprès des banques grecques… Mais la dette grecque est considérée comme un investissement "pourri" par les agences de notation. Par ailleurs, la BCE a arrêté début février d'accepter de la part des banques leurs obligations souveraines grecques comme garanties dans ses opérations hebdomadaires de prêts, importante source de financement pour elles. »

Car, la BCE, tout comme la commission européenne et le gouvernement allemand, ne font pas confiance à l’équipe d'Alexis Tsipras pour redresser le pays. Pire, certains dirigeants européens, anonymement, souhaitent que l’expérience SYRIZA se termine en bérézina.

DESINFORMATION SUR LA SITUATION DE LA GRECE

Le rôle des médias dans la désinformation sur la dette grecque est dictée par leur asservissement à la pensée unique, comme ces "chiens de garde" dont les paroles et les écrits sont pris pour argent comptant par une grande partie de nos concitoyens qui avalent des couleuvres ; une pensée unique qui finira par disparaître grâce aux brillants économistes que sont Thomas Piketty ("Le capital au XXIe siècle") et Steve Keen ("L'imposture économique").

Enfin, il ne se passera rien de rédhibitoire pour la Grèce politiquement et sur les marchés financiers, comme les politiques et les médias l’ont annoncé, en nous matraquant d’informations, de tribunes et débats mensongers et spécieux… Sinon ce sera tout le système économique et financier – et, pas uniquement en Grèce mais aussi en Europe et dans le monde entier -, qui implosera et s’autodétruira par un effet boule de neige, souvent sous-estimé, car notre système financier n’a pas changé dans ses pratiques où la spéculation domine toujours. Les marchés boursiers sont imprévisibles et incontrôlables, comme le montre les dernières crises monétaires et économiques depuis 1989, 1997, 1998, 2000, 2007 et 2008 !

Heureusement, conscients des risques encourus en cas de lâchage (ou lynchage) de la Grèce, le président des Etats-Unis – lui bien conseillé -, et plusieurs grands économistes comme James Kenneth Galbraith (qui n’a pas prévu de relance de l’économie avant 2015) et les prix Nobel (Paul Krugman et Joseph Stiglitz), sans oublier notre brillant français Thomas Piketty, encouragent Alexis Tsipras, Yanis Varoufakis et Syriza à poursuivre leur chemin de croix, seule voie possible pour sortir la Grèce du chaos et de la misère.

Le 2 février 2015, Le Figaro économie titrait : « Quand Obama et des prix Nobel apportent leur soutien à la Grèce », et poursuivait : « Donner du mou sur la dette, enterrer l'austérité : plusieurs prix Nobel d'économie et jusqu'à Barack Obama se rallient à la Grèce, mais certains mettent en garde contre un effet boule de neige en Europe.

« Le nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras, issu du parti de gauche radicale Syriza, a reçu dimanche un soutien de taille en la personne du président américain: « On ne peut pas continuer à pressurer des pays qui sont en pleine dépression», a déclaré Barack Obama sur CNN. « A un moment donné, il faut une stratégie de croissance pour pouvoir rembourser ses dettes » a-t-il poursuivi. »

PAUL KRUGMAN, PRIX NOBEL D’ECONOMIE :

« Cessons de caricaturer SYRIZA »

Pour le célèbre économiste américain : « Syriza ne demande pas la lune, simplement qu’on ne lui impose pas une austérité toujours plus grande »(9). C’est l’histoire du surplus primaire (la différence entre les recettes et les dépenses de l’État avant versement des intérêts sur la dette), que les créanciers demandent de porter à 4,5% du PIB - un montant que n’approche aucun pays européen - et que Varoufakis et Tsipras veulent limiter à 1,5%.

« Pour Krugman, cette demande est absurde : si jamais le gouvernement grec la respectait, il serait renversé, et une chose bien plus radicale le remplacerait. Est-ce ce que souhaite l’Eurogroupe ? Se demande Krugman. Et il trouve terriblement frustrant de voir Syriza présenté comme demandant des conditions accommodantes quand ses dirigeants se sont au contraire engagés à poursuivre les énormes sacrifices que la Grèce a déjà faits… »

Faudrait-il que la Grèce quitte l’euro ? Pour Krugman, elle aurait mieux fait de ne pas y entrer, mais il est trop tard, le divorce s’avérant trop coûteux et trop compliqué. Mais si les demandes faites à la Grèce continuent d’être déraisonnables, alors ce scénario deviendra une possibilité.

L’AMATEURISME DES NEGOCIATEURS EUROPEENS (10)

James Kenneth Galbraith (11) - brillant économiste américain et grand ami du ministre grec des finances, Yanis Varoufakis -, a assisté incrédule, durant une semaine, aux négociations tendues et extravagantes entre la Grèce et les technocrates bruxellois sous influence germanique. (12)

L’article s’intitule « Le sort de la Grèce est-il dans les mains d’Angela Merkel ? ». Pour Galbraith, l’obstacle principal, pour aboutir à un accord entre la Grèce et l’Union européenne, réside dans la divergence de vues dramatique au sein même du gouvernement allemand, dont un des camps demande que la Grèce respecte ses engagements antérieurs et l’autre groupe, plus puissant, est favorable à la recherche d’un compromis.

« C’est à Merkel de décider » dit l’économiste américain, qui a passé 7 jours auprès de Varoufakis, entre Bruxelles et Athènes. Nous avons entendu son ministre des finances refuser toute négociation et son vice-chancelier être pour une concertation, Merkel restant neutre.

Lors des échanges, les Allemands se sont tout d’abord montré le plus exigeant possible, puis à la dernière minute, ils ont fait une concession qui clôturait le débat. James Galbraith résume les discussions par cette question fondamentale : « Est-ce que Merkel veut être la personne qui présidera à la division de la zone euro ? »

Varoufakis et Galbraith sont devenus inséparables. En 2013, ils ont écrit avec l’économiste Stuart Holland, le traité suivant : « Comment résoudre la crise de la zone euro ?» (13) qui préconise le remplacement des dettes souveraines des nations en difficulté par des eurobonds garantis à faible taux d’intérêt.

L’économiste d’Harvard a pu assister de l’intérieur aux tractations chaotiques entre les ministres des finances européens, lors d’une réunion de l’eurogroupe (conseil de l’Union européenne) le 16 février 2015 à Bruxelles. « Je suis resté, dit-il, avec les équipes de conseillers techniques du 11 au 17 février, y compris lors de la réunion du 16... J’étais dans une salle surchauffée avec l’équipe de conseillers grecs ».

Lors de l’assemblée de l’Eurogroup, Pierre Moscovici, le commissaire européen à l’économie et aux finances, a présenté à Yanis Varoufakis, un premier brouillon de communiqué qui permettait à la Grèce de solliciter une prolongation de son accord de prêt avec la zone euro, à condition qu’il s’engage sur une échéance pour la mise en place d’un nouveau programme de croissance.

Comme le ministre grec des finances l’a indiqué à la conférence de presse, après la réunion, il était disposé à signer ce communiqué de Moscovici, qu’il considérait comme un excellent document et une véritable réponse à sa demande, lorsque le président de l’Eurogroup Jeroen Dijsselbloem considéra que seul le texte en sa possession était valable. L’équipe grecque, Galbraith et d’autres conseillers européens tentèrent de fusionner puis de modifier les deux projets de communiqué, pour que l’on obtint un texte qui puisse être acceptable pour les deux parties, quitte à y passer la journée. « A ½ heure près, nous aurions pu y arriver, dit Galbraith ». Mais le ministre des finances allemand Wolfgang Schaeuble clôtura la séance par un Non au compromis.

Le manque de coordination côté européen était choquant pour un vieil habitué du congrès américain comme James Galbraith, pour qui « observer un organisme officiel fonctionner de cette manière aussi peu othodoxe, et observer comment l’Eurogroup fonctionne, fut réellement une révélation ».

Le 18 février, Yanis Varoufakis a présenté une nouvelle requête de prolongation de l’accord de prêt auprès de l’Eurogroup, et encore une fois, les réponses divergentes du conseil ont laissé Galbraith pantois… Pourtant, Jean-Claude Juncker, président de la commission européenne, disait que c’était un bon début !

Galbraith note également que le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel disait que le courrier de demande de prolongation du prêt était un bon préalable à la négociation. Mais le ministre des finances allemand a contredit Gabriel et a écarté la demande de Yanis Varoufakis, comme n’étant pas assez concrète.

« Mes yeux étaient révulsés en voyant ceci, disait Galbraith. C’est ça l’Allemagne, le gouvernement le plus puissant d’Europe ». Pour lui, les divisions entre Allemands et entre les nations elles-mêmes montraient clairement que les leaders européens étaient de bien piètre négociateurs. « Ils ont fait l’erreur de montrer à Yanis qu’ils jouaient une partie difficile, mais ils la jouaient très mal, en affichant de l’incompétence sur le plan politique. »

Pour Varoufakis et Galbraith de telles politiques mesquines mettent en péril les économies les plus saines. « Les acteurs institutionnels – FMI, commission européenne et BCE -, ont été constructifs », dit Galbraith. « Mais les créanciers, les vrais acteurs, sont les ministres des finances, et ils sont divisés et hostiles ». Pour sortir de l’impasse, il faudra l’intervention du seul leader européen assez puissant pour déjouer ces manœuvres : Angela Merkel…

James Galbraith pense qu’on devrait prendre plus au sérieux Yanis Varoufakis. Les ministres des finances n’ont jamais rencontré quelqu’un de semblable à Yanis Varoufakis, et Merkel devra trancher, l’avenir de l’Euro en dépend (Fortune, 20/02/2015)

Il est clair qu’à Bruxelles, dans la grande capitale bureaucratique de l’Europe, on n’apprécie le look et la décontraction de Yanis Varoufakis, qui passent pour de l’arrogance et de la négligence et qui vont à l’encontre des mœurs de la bonne société conservatrice de la vieille Europe. Pour les ministres des finances du conseil de l’Union européenne, il n’est pas de leur monde et ils ne l’écoutent pas !

LES ATOUTS ET SOLUTIONS QUI POURRAIENT SAUVER LA GRECE !

Tout d’abord, arrêtons de jeter l’anathème sur la Grèce, en disant qu’elle ne s’en sortira pas et en la montrant du doigt, à la UNE de tous les médias. Fin 2014, son ratio dette/ PIB (176 %) était peut-être le plus élevé d’Europe, mais loin derrière celui du Japon (250 % du PIB). Et, pourtant, le pays du Soleil-Levant survit avec un tel taux d’endettement depuis 25 ans. Alors, pourquoi cette différence de traitement et d’appréciation entre les deux pays ?

Le Japon, malgré ce taux d’endettement exorbitant et la fermeture de ses 54 réacteurs nucléaires, après la catastrophe de Fukushima, reste la 3ème économie de la planète et n’a jamais craint la faillite… Sa solidité financière à toute épreuve - dans un contexte certes différent -, n’a jamais été mise en doute par les agences de notation. Elle a juste légèrement été dégradée fin 2014 par Moody’s (passant de la 4e à la 5e place sur 21, de Aa3 à A1, soit de haute qualité à qualité moyenne supérieure).

« Le Japon continue de défier la gravité monétaire. Les analystes étrangers s'attendaient, au moins, à un petit mouvement d'inquiétude sur les marchés financiers nippons après la publication, ces deux derniers jours, de diagnostics alarmants des agences de notation sur la qualité de la dette souveraine japonaise… Mais, ces mises en garde ont été snobées par les investisseurs. Les valeurs des obligations du pays ont progressé hier alors que leurs taux d'intérêt baissaient ou stagnaient… Mais, expliquent les investisseurs nippons, qui détiennent plus de 90 % des emprunts d'Etat japonais, des mouvements plus profonds sont à l'œuvre et protègent le marché de tout mouvement de panique… la Banque du Japon (BoJ) achète les yeux fermés, la quasi-totalité des bons du Trésor émis, chaque mois, par le ministère des Finances. » (14)

Une différence avec la Grèce où la dette est entre les mains des institutions publiques et des grands pays européens. Par ailleurs, c’est la BCE, indépendante, qui fait office de banque centrale et adopte une politique plus timorée.

Ce ratio dette/ PIB ne veut donc rien dire surtout lorsqu’on le compare à celui de l’Italie (131,8 %), du Portugal (131,4 %), l’Irlande (114,8 %), la Belgique (108,2 %) et Chypre touchée par une crise en 2014 (104,7 %). Ce qui est beaucoup plus significatif – et, encore -, c’est la dette par habitant occultée par tous les médias, surtout si on compare ce chiffre à celui des autres grands pays industrialisés. En effet, pour mieux comprendre ce ratio dette par habitant, il faut imaginer l’exemple d’un groupe d’une trentaine de personnes qui empruntent 1 million d’euros pour installer une éolienne (1 MW) dans leur lotissement. Ce n'est pas la même chose que s'ils sont 300 sur ce projet pour rembourser 1 million d’euros. Le risque est fortement minoré dans ce dernier cas et comme c'est le paramètre qui va déterminer principalement le taux d'intérêt !

Or, la dette par habitant de la Grèce est dans la moyenne de l’UE avec 28.300 euros/hab. A l’exception du Japon (71.000 euros) et des Etats-Unis (40.000 euros), elle est de 33.000 euros pour la Belgique, l'Italie et le Royaume Uni et de 29.200 euros pour la France. Même dans l'Allemagne d’Angela Merkel, donneuse de leçon, elle est de 25.000 euros...

Mais, dans le domaine de la finance, tout est question de confiance, et on ne prête qu’aux riches !

LA croissance est repartie

Rappelons qu’avant 2008, la Grèce avait un taux de croissance entre 3 et 5 %... alors qu’en 2013, le PIB a chuté de -3,6 à -3,9 % (suivant les sources) et qu’en 2014, pour la première fois depuis 2008, il sera positif avec 0,6 à 0,7 % et, en 2015, supérieur à 1 % (entre 1,2 et 1,4 %) !

D’après Catherine Mathieu, économiste senior au Département analyse et prévision de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), la dette grecque représentait fin 2014, 317 milliards d’euros, soit 176 % du PIB, contre 103 % en 2007 et ce malgré un allègement de 107 milliards en 2012. Cette dette résulte d’un triple aveuglement : celui des marchés financiers, qui ont prêté à la Grèce jusqu’en 2009, sans tenir compte du niveau insoutenable de ses déficits public (6,7 % du PIB en 2007) et extérieur (10,4 % du PIB en 2007) ; celui des gouvernements et des classes dirigeantes grecs qui ont, grâce au bas niveau des taux d’intérêt, par l’appartenance à la zone euro, laissé se développer une croissance déséquilibrée, basée sur les bulles financières et immobilières, la corruption, la mauvaise gouvernance, la fraude et l’évasion fiscale ; celui des institutions européennes qui, après le laxisme des années 2001-2007, ont imposé à la Grèce des programmes d’austérité, écrasants et humiliants, pilotés par la troïka, un étrange attelage comprenant le FMI, la BCE et la Commission européenne. Les programmes d’austérité étaient, selon la troïka, nécessaires pour réduire le déficit et la dette publics, et remettre l’économie grecque sur chemin de la croissance. Les programmes ont certes permis de réduire le déficit public (qui n’est plus que de l’ordre de 2,5 % du PIB en 2014, soit un excédent hors charges d’intérêt de l’ordre de 0,5 % du PIB), mais ils ont fait augmenter le ratio dette/PIB, en raison de la chute du PIB : le PIB grec est aujourd’hui 25 % en dessous de son niveau de 2008. L’austérité a surtout plongé la Grèce dans la détresse économique et sociale, dont le taux de chômage supérieur à 25% et le taux de pauvreté de 36 % sont de tristes illustrations. »

L’argent commence à rentrer dans les caisses de l'Etat...

Il ne se passe pas un jour, sans que l’on annonce qu’un contrôle fiscal – auxquels les Grecs les plus fortunés n’étaient plus habitués -, a rapporté un ou plusieurs millions. Mais il faut du temps pour débusquer les fraudeurs en Grèce, habitués à l’omerta et à l’impunité ! Passez du jour au lendemain de l’ombre à la lumière, n’est pas facile dans un pays ou l’église et les armateurs, entre autres fortunes, ont pris l’habitude d’être absous, non pas de leurs péchés, mais de toutes taxes et impôts sur le revenu ou la fortune.

Laissons du temps à Alexis Tsipras et Yanis Varoufakis, pour mener leur combat contre l’évasion et la fraude fiscale, mais aussi contre la corruption !

La Grèce possède des richesses insoupçonnées !

« La Grèce a visiblement dans ses eaux maritimes des gisements pétroliers et gaziers d'une importance et d'une richesse exceptionnelles. Cette nouvelle devrait faire la une de tous les journaux et un article remarquablement détaillé a été écrit sur le sujet par F. William Engdahl en Mars 2012, journaliste américain, spécialiste des questions énergétiques et géopolitiques.

Depuis des millénaires, les richesses d'un sous-sol ou des eaux territoriales d'un pays appartiennent au pays lui-même et à son peuple. Il n'y a même pas besoin de se référer à une quelconque doctrine idéologique pour le savoir et le constater. Ces gisements seraient visiblement totalement suffisants pour permettre à la Grèce de se désendetter.

Antonis Foskolos, professeur à l'Université de Crète, déclare qu'il y aurait 22 milliards de barils de pétrole au sud de la Crète; il estime les perspectives de développement en la matière à 2016-2017, et déclare que le sud de la Crète est aussi riche que l’Iran.

Selon un rapport de l’analyste politique Aristote Vassilakis publié en juillet 2011, l’objectif de Washington en poussant la Grèce et la Turquie à unir leurs forces sur le pétrole et le gaz réside dans le partage prévu des revenus de ces exploitations.

D'après ce rapport, Washington propose que la Grèce obtienne 20 % du chiffre d’affaires, la Turquie 20 % et la société états-unienne Noble Energy, société qui a déjà assuré le forage dans les eaux israéliennes et au large des cotés grecques, obtiendrait la part du lion, c’est à dire 60 %. Bill Clinton, l’époux de la secrétaire d’État Hillary, est lobbyiste à Washington pour le compte de Noble Energy. »(15)

Les solutions si l'Europe ne répond pas aux demandes légitimes de la Grèce

La banque grecque possédait dans ses actifs en 2014, 112 tonnes d’or. Soit au cours du 2 février 2015, un montant équivalant à 4,72 milliards d’euros… auxquels s’ajoutent les devises en euros en sa possession soit une soixante de milliards. Et par ailleurs d’autres actifs pour près de 40 milliards, le tout compensé par un passif comprenant entre autres des dettes, des provisions et des charges.

La Grèce pourrait d’un point de vue financier – si l’Europe refusait toute transaction sur la dette et ne voulait plus contribuer à aider la Grèce -, décider premièrement de geler tous ses engagements vis-à-vis des créanciers, et deuxièmement pourrait créer, via la Banque de Grèce, une nouvelle monnaie nationale (en double avec l’euro), une sorte de monnaie locale, pour pouvoir payer ses fonctionnaires et verser ce qu’elle promet au titre des minimas sociaux. Cette monnaie - comme pour les monnaies locales -, serait juste à usage interne. Elle permettrait de créer un flux d’argent pour permettre aux grecs de se loger, de se nourrir et de se vêtir, ce qui enclencherait une dynamique et une relance du marché intérieur…

COMMENT ? (16)

Il faut comprendre là que la monnaie moderne, partout dans le monde est entièrement dématérialisée. C'est une simple écriture, un jeu comptable qui ne repose sur rien d'autre que sur la confiance dans l'émetteur et dans la certitude que cette monnaie sera acceptée en paiement. Cette monnaie locale, donc, a simplement besoin d'avoir cours légal, autrement dit qu'une loi rende son acceptation obligatoire partout sur le territoire. Bien sûr cela ne peut jouer que sur le plan national. Pour les autres pays les transactions doivent se faire en devises acceptées dans le monde. Pour son commerce extérieur, La Grèce a de l’or et des devises lui permettant de payer ses importations. Ainsi, on pourrait imaginer que l'économie marchande sur le territoire grec continue de se faire en euros, tandis que les services et prestations publiques seraient payés dans cette monnaie intérieure, les deux étant acceptées en paiement indifféremment partout en Grèce.

La question se limiterait juste à la gestion du commerce extérieur qui pourrait se faire grâce aux réserves de la Banque centrale grecque en devises comme nous l'avons dit plus haut en veillant à ne pas les épuiser. Il suffit pour cela de rechercher l'équilibre des échanges ce qui devrait être possible grâce aux recettes du tourisme, qui sont très importantes (un secteur à relancer et à dynamiser) ou d’autres recettes en devises suite aux commandes des pays européens ou autres dans des secteurs d’activités industrielles ou commerciales où les Grecs sont bien placés (comme les chantiers navals), sans oublier les recettes fiscales supplémentaires sur l’église orthodoxe et les armateurs grecs, jusqu'à présent intouchables, qui n’ont presque jamais rien payé en impôts et taxes… des fortunes qui se chiffrent en dizaine de milliards d’euros.

Tout ceci contribuerait à relancer la croissance interne, surtout en créant des emplois, et ainsi l’économie sans l’UE. Si on forçait la Grèce à sortir de la zone euro, ce serait la catastrophe surtout pour la zone euro et l’UE car ce serait une première et ça ne s’arrêterait pas là avec les autres pays qui sont actuellement en graves difficultés.

Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque, confirme la possibilité pour la Grèce de mettre en place une monnaie complémentaire qui serait une alternative à l'euro. Selon lui, la sortie de la Grèce provoquerait "l'implosion de la zone euro", comme l'expérience l'a montré dans des cas similaires : http://www.wat.tv/video/dette-grecque-si-grece-sort-7bn6v_2exyh_.html

Par ailleurs, l’exemple de la Malaisie qui a "fermé ses frontières" - en rendant sa monnaie non convertible durant la grande crise asiatique (monétaire) des années 1997-1998 -, montre qu'il existe d'autres solutions encore plus radicales qui ont très bien réussi…

" A l’encontre de la majorité des pays touchés par la crise, la Malaisie n’a pas fait appel au FMI, et a préféré affronter seule la crise. Les dirigeants, qui souhaitaient s’affranchir politiquement des marchés financiers internationaux ont donc décidé de mener une politique de contrôle des capitaux. L’évincement du ministre des finances très proche de Wall Street (on pourrait dire en Grèce de Goldman Sachs pour les ministres précédents !) correspond étrangement à un jour près avec la mise en place de la politique de contrôle des capitaux et à l’arrestation et la condamnation dudit ministre… Le contrôle des capitaux alors instauré a, en réalité, permis au gouvernement de réajuster l’équilibre des pouvoirs politiques tout en évitant de nouvelles fuites des capitaux. Retenons également que le contrôle des capitaux s’est traduit par un succès en Malaisie car le pays réunissait l’ensemble des facteurs nécessaires : un bon niveau de réserve de change, une dette externe faible et un degré d’institutionnalisation élevé. Ce qui n'est effectivement pas le cas de la Grèce ! " (17)

(1)Les Echos/Bourse du 26/1/2015 : http://bourse.lesechos.fr/forex/infos-et-analyses/le-poids-de-la-dette-grecque-1027216.php
(2)Euronews, 6/1/2015
(3)COMPTABILITÉ DE L’ÉTAT : Lors de la constitution d’une provision pour risques et charges, la subdivision appropriée, du compte 151 « Provisions pour risques » ou 152 « Provisions pour charges » est créditée en contrepartie du débit de la subdivision appropriée d’un des comptes suivants : 685.5 « Dotations aux provisions sur appels en garantie » ; 686.5 « Dotations aux provisions pour risques et charges financiers ».
(4)Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une conférence se tient à Paris pour évaluer les réparations qui seront demandées à l'Allemagne. Lors des accords de Paris du 14 janvier 1946, la Grèce reçoit 4,35 % du total des réparations en matériel et 2,70 % en numéraire. En tout, ces réparations s'élevaient à 7 milliards de dollars. La Grèce va recevoir un peu de matériel dans les années qui viennent, mais rien de comparable avec ce montant. Le pays est alors en proie à la guerre civile. Le régime monarchiste a besoin, pour combattre les communistes, du soutien anglo-américain. L'Etat grec ne réclame donc rien à l'Allemagne. D'autant que le plan Marshall est très généreux avec elle, politique d'endiguement communiste oblige (La Tribune, Romaric Godin, 1/2 /2015).
(5)http://cadtm.org/L-annulation-de-la-dette-allemande
(6)« Cette dette allemande comprend les réparations pour les crimes de guerre nazis. En plus de ces massacres, l'Allemagne nazie a forcé la banque nationale grecque à acquérir 476 millions de Reichsmarks d'obligations jusqu'à la fin de la Seconde guerre~~mondiale », rappelle Der Spiegel.C’est un « prêt forcé de la Banque de Grèce à l'Allemagne "accordé" en mars 1942. Ce prêt à taux zéro de 476 millions de Reichsmark (3,5 milliards de dollars) avait permis de "siphonner" les réserves d'or de la banque centrale hellénique. Et il n'a jamais été remboursé » (http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20150201trib7bd9c5aa5/l-allemagne-doit-elle-vraiment-des-reparations-de-guerre-a-la-grece.html, La Tribune du 1/2/2015). Der Spiegel ajoute « une partie des 30.000 tonnes de biens manufacturés que l'Allemagne avait convenu de livrer à la Grèce en guise de réparation au début des années 1950 n'est jamais arrivé à destination, restant à quai dans le port de Hambourg. »
(7)http://www.liberation.fr/economie/2015/02/20/olivier-besancenot-et-les-benefs-de-la-dette-grecque-pour-la-france_1205948
(8) La Tribune.fr 25/03/2015
(9) Blog de Gilles Raveaud (maître de conférences en économie à l'Institut d'Etudes Européennes de l'université Paris 8 Saint-Denis), le 23 février 2015.(10)Traduction des extraits les plus significatifs par l’auteur de l’article.
(11)James Kenneth Galbraith, fils de John Kenneth Galbraith, le plus grand économiste américain du XXe siècle, est diplômé de Harvard, de Yale et du King's College à Cambridge. Il est considéré comme faisant partie de l’aile gauche du partie démocrate.
(12)Extrait de l’article du magazine américain Fortune : « Greece’s fate : In Angela Merkel’s hands ? », de Shawn Tully, le 20 février 2015. Document anglais de Fortune traduit een totalité par Alternatives économiques : http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2015/02/24/grece-james-galbraith-revele-les-negociations-vues-de-linterieur/#more-1227 
(13)http://yanisvaroufakis.eu/2014/01/16/modeste-proposition-pour-resoudre-la-crise-de-la-zone-euro-the-modest-proposal-4-0-published-by-les-petit-matins-with-a-foreword-by-michel-rocard/
(14)Les Echos.fr, 3 décembre 2014
(15) http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=29609 Traduction par le réseau Voltaire : Découverte des gisements gaziers et pétrolifères Grecs : http://www.voltairenet.org/Tensions-croissantes-pour-l
(16) Paragraphe écrit avec la collaboration de l’économiste Philippe Derudder, auteur de plusieurs ouvrages dont « Une monnaie nationale complémentaire », écrit avec André-Jacques Holbecq (Le cercle des économistes citoyens), préface de Pierre Rabhi, chez Yves Michel en 2011. Vous trouverez toutes les informations sur les monnaies locales, entre autres, sur son site AISES (aises-fr.org).
(17)extraits de : http://jultey.free.fr/blog/uploads/istm/economie/la_crise_asiatique_de_1997.pdf

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Mascardi 18/06/2015 11:54

On apprend (voir l'émission de THEMA sur ARTE du mardi 16 juin) que l'Allemagne est le premier pays en Europe du blanchiment d'argent sale, que le banques allemandes sont les toutes premières à couvrir ces opérations criminelles et que toute transparence y est absente. Mais aussi que tous ceux - employés de ces banques -, qui osent dénoncer ces agissements sont immédiatement dénoncés et licenciés. Même la police judiciaire allemande reconnaît qu'elle est désarmée face à la justice qui exige toujours plus de preuves en s'appuyant sur un droit qui fait la part belle aux maffieux de la finance, en exigeant toujours plus de preuves à charge par l'accusateur (soit l'inverse de ce qui se pratique habituellement dans le droit allemand). Cette police dénonce l'incurie de l'autorité BAFIN (Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht), régulateur unique des banques, des assurances et des marchés financiers. Voir l’émission du 16 juin 2015 de THEMA sur ARTE « La mafia à nos portes » :
https://www.youtube.com/watch?v=5ovCDHPkQkk (à partir de la 27e minute)
... SANS COMMENTAIRES !
La Grèce ne doit rien lâcher, car si l'UE, l'EUROGROUP se permettait de provoquer un défaut de paiement de la Grèce, il porterait la responsabilité de la mort économique et sociale de la Grèce mais aussi de l'implosion non seulement de l'UE, de l'Europe mais de l'économie toute entière... la pire crise économique que nous ayons connu pire qu'en 1929 et 2008 !
Espérons que la solidarité jouera si on en arrive à de telles extrémités, et que d'autres solutions pourront être mises en place en interne (monnaie locale ou monnaie nationale complémentaire) et que nous serons beaucoup en France, en Espagne, en Italie et ailleurs à soutenir la Grèce. Car il faut penser avant tout au peuple grec qui souffre énormément.
A cette occasion, je pense à ma nièce grecque et à sa famille, à mon gendre et à mes petits-enfants citoyens chypriotes grecs (dont une partie de la famille vit en Grèce et qui les aident aussi bien qu’ils peuvent), victimes eux-aussi de la Troïka…
COURAGE ET FAISONS FACE A L’OLIGARCHIE FINANCIERE ET A SA COMPROMISSION !

Mascardi 21/05/2015 12:43

Proposition de Thomas Piketty, notre grand économiste français, qui a fait une proposition aux Allemands mais semble-t-il s'est heurté à la suffisance et à la condescendance des membres du gouvernement d'Angela Merkel

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/05/20/dette-grecque-thomas-piketty-suggere-de-s-inspirer-de-l-exemple-allemand-d-apres-guerre_4637227_3234.html

Mascardi 11/05/2015 16:20

SOURCE AFP du 5/5/2015
"Lors de la réunion de l'Eurogroupe à Riga (le 24 avril 2015), le FMI n'a pas poussé pour un allègement de la dette à grande échelle, comme certaines informations de presse en font état", a précisé, pour l’instant, le FMI dans un communiqué. Toutefois, indique cette même source, "plus l'écart est grand entre les mesures décidées et les objectifs initiaux de 2012, plus sera grand le besoin pour un financement supplémentaire et un allègement de la dette pour la rendre soutenable". Le négociateur du FMI, Poul Thomsen, aurait affirmé aux pays membres de la zone euro que des allègements de dette seraient le seul moyen pour la Grèce de répondre aux objectifs budgétaires fixés dès lors que le programme de réformes ne ferait pas l'objet d'un accord…
Le 5 mai, le gouvernement grec a affirmé que c'étaient les dissensions entre ses créanciers (FMI, UE et Banque centrale européenne) qui empêchaient la conclusion d'un accord sur de nouvelles réformes. En raison de "cette impossibilité d'entente entre les institutions (...), il ne peut pas y avoir de compromis", a insisté Athènes, assurant que le blocage était "de la responsabilité exclusive" des créanciers.