Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Economics and Politics Research

André Locussol-Mascardi - EPR

Economics and Politics Research

QUELLE DETTE GRECQUE ?

com

TOUT EST LIE, DE LA DETTE DE LA GRECE A CELLE DE L'ALLEMAGNE AVANT ET APRES LA 2e GUERRE MONDIALE, AUX ACCORDS IMPOSES PAR LES ETATS-UNIS A L'UNION EUROPEENNE, QUE CE SOIT AVEC LE CANADA OU EUX-MÊMES...

Un article édifiant du Monde de février 2012 (lien ci-joint) évoque cette dette grecque, dont les Allemands réclament le paiement à corps et à cris, oubliant un peu rapidement qu'ils ont été beauoup plus endettés - même en cessation de paiements -, et qu'ils ne doivent leur puissance "toute relative" (colosse aux pieds d'argile) à la bienveillance des Etats-Unis et à l'Europe, qui ont non seulement effacé la moitié de leurs dettes de guerre (y compris le non-remboursement des emprunts "coercitifs" imposés par le régime nazi) mais de plus, passé par pertes et profits, les dommages collatéraux, les dommages-intérêts qu'ils auraient du payer et le pillage des états qu'ils ont occupé, dont une partie est encore en Allemagne et fait le bonheur de richissimes businessman, qui ont bâti leur fortune et leur empire sur des biens soustraits et dérobés illégalement et par la force...

Ce n'est pas moi qui le dit, mais un citoyen allemand notoire, Daniel Cohn-Bendit : "Les Allemands, qui se disent vertueux, estiment que les Grecs ont péché et qu'ils doivent payer. Or, ceux qui ont le plus péché, ce sont tout de même les Allemands, dont la dette a pourtant été effacée parce que les Américains y voyaient un intérêt stratégique. Pourquoi ne pas considérer que sauver la Grèce est stratégique, au lieu de mettre ce pays à genoux ?"

Et sur l'effacement de la dette allemande : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/8d9e8f32-d815-11e1-b6c7-87316167502b/1953_le_tournant_qui_a_permis_%C3%A0_lAllemagne_de_rebondir

Non seulement, l'Europe s'est fait berner en fermant les yeux sur l'invasion de la Tchécoslovaquie (après celle 'autoproclamée' de l'Autriche) - alors que tous les experts le disent, nous aurions remporté la guerre à cette époque vues les forces en présence -, mais nous avons "remis le couvert" en 1953 en acceptant l'inacceptable, que l'Allemagne redevienne l'hyperpuissance qu'elle était avant 1930 avec pour objectif la réunification des deux Allemagnes (RFA et RDA), pour plaire aux Etats-Unis qui en faisait leur principal partenaire économique et le leader du "vieux continent", afin de dominer économiquement - par subrogation - toute l'Europe et le monde entier.

Pour arriver à leurs desseins, les EU ont conçu depuis près de 70 ans - TAFTA ou le Grand marché Transatlantique -, et après être entré par la petite porte avec l'accord EU-Canada ou CETA*.

* soumis au parlement français en novembre 2014 et adopté (sauf la partie sur le traitement des différends) puis soumis aux chefs d’État et de gouvernement des 28 aux alentours du printemps 2015, sans plus aucun recours fondamental possible car les parlements européens et français ont validé le principe... et que le peuple citoyen est tenu à l'écart de tout cela comme DAB au sein de la construction européenne...

LES ARTICLES "PEOPLE" SUR LA DETTE GRECQUE

On dit et on lit n'importe quoi sur la dette grecque, comme dans cet article de Médiapart, de Martine Orange (!), qui s'érige en journaliste économique, mais mélange tout, en ignorant la réalité de la dette grecque et le comportement pervers et sournois de Goldman Sachs dont les stratégies sont aussi tortueuses qu'opaques.

Dans cet article, l'écrivaine méconnait totalement la situation de la crise chypriote, que j'ai eu l'opportunité de suivre et de vivre sur place. Ce qui m'a permis d'écrire différents articles à ce sujet, grâce aussi aux informations fournies par Virginie Locussol, correspondante permanente de l'AFP à Nicosie, qui a suivi quotidiennement cette crise.

Le jeu des marchés financiers et de leurs maîtres est de faire peur !

Alors que s'ils cherchent à noircir la situation politique grecque si Syriza prenait le pouvoir et à en dramatiser les conséquences, ils devraient savoir que toute sanction de l'Europe et des marchés monétaires et boursiers les entraîneraient eux aussi en enfer ! C'est comme une pelote qui s'effiloche et que l'on déroule, si on tire sur un fil c'est toute la pelote (toute l'Europe et la finance internationale) qui en pâtira, car ce sera une Première, et alors le doute s'insinuera pour l'avenir... Or, les marchés financiers ont horreur de l'incertitude.

Cela me fait aussi penser à l'élection de Mitterrand en 1981, quand les financiers ont fait courir le bruit que les chars russes étaient aux portes de l'UE en route pour la France. La Bourse pourtant ne s'est jamais aussi bien comportée que sous son "règne" (comme cela se passe souvent quand la Gauche est au pouvoir... voir la Bourse actuellement !)

Il faut savoir - quand on a côtoyé ces milieux pendant plus de 30 ans -, que la finance internationale sous forme de produits dérivés, est un véritable cancer qui gangrène tout ce qu'elle touche, qui passe partout et là où on ne l'attend pas.

Comme Goldman Sachs qui a joué l'entrée de la Grèce dans la zone euro, en trafiquant ses dettes, et en les faisant passer pour des actifs. Puis qui a joué contre la Grèce en faisant connaître ses tricheries (sans les dévoiler lui-même bien sûr !), pour mieux lui permettre de spéculer contre la dette grecque et la situation économique hellénique !

Celui qui osera punir la Grèce, ou sanctionner celle-ci en l'excluant de l'Euroland ou pire de l'UE sera responsable de l'écroulement de TOUT le système et surtout de la fin du business de la Finance ! Ce n'est pas plus compliqué que cela. Faire croire l'inverse, c'est de la naïveté et faire preuve d'une affligeante et candide attitude.

Extraits de l'article de Martine Orange sur Médiapart :

"Dans son scénario catastrophe, tout se termine par une panique bancaire, et un écroulement financier sur le modèle chypriote. Lundi 29 décembre, les premières craintes de Goldman Sachs se sont matérialisées (voir En Grèce, Syriza part favori pour les législatives du 25 janvier)."

"Considérant désormais comme normal de s’immiscer dans les processus électoraux européens, le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, s’est d’ailleurs empressé de le rappeler : il n’y a pas d’autre choix. «Les réformes très dures sont en train de porter leurs fruits. Il n’y a pas d’alternative à celles-ci."

"À la suite, Pierre Moscovici, dans ses nouveaux habits de commissaire européen à l’économie, a répété l’avertissement : « La Grèce doit respecter les engagements pris et mettre en place les réformes qui s’imposent. »

"Syriza, s’il mène le gouvernement, acceptera-t-il de se laisser prendre dans cet étau mortel, au nom de la raison d’État ? Ou sera-t-il prêt à aller jusqu’à l’épreuve de force ? C’est une des grandes inconnues qui terrorisent le monde financier et les responsables européens et qui les amènent à surenchérir dans la stratégie du chaos."

"L’Allemagne, et d’autres pays européens du Nord, veulent bien à la limite accepter un allongement de la durée de leurs créances, un abaissement des taux, toutes sortes d’accommodements dans les remboursements, à condition que ces aménagements soient accompagnés d’un strict plan de réformes et d’une tutelle de fait sur la gestion de la Grèce. Mais elle refuse toute annulation même partielle de la dette. Annuler la dette grecque serait avouer que l’Europe, emmenée par l’Allemagne, a fait fausse route dans sa gestion passée."

"Ce serait aussi prendre le contre-pied du discours politique d’Angela Merkel qui, depuis le début de la crise, a érigé les Allemands en exemple, et les Grecs en fauteurs de trouble, en tricheurs. Ce serait enfin envoyer, aux yeux de Berlin, un mauvais signal aux autres pays, qui seraient tentés de relâcher les efforts de réforme : en particulier l’Italie et la France, les nouveaux « pécheurs », comme le dit Mme Merkel."

Print
Repost
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

prada replica 12/06/2015 11:08

I've been trying to find out a little more about this kind of stuff, thanks for sharing

omega replica 12/06/2015 11:07

Very good stuff with good ideas and concepts, lots of great information and inspiration, both of which we all need.

Eric BENECH 31/12/2014 16:16

Personnellement, je pense que tous ces problèmes datent des accords de Bretton Woods en juillet 1944. On aurait du adopter une monnaie commune internationale neutre comme le proposait John Maynard Keynes : le bancor - pourquoi pas la stelo des espérantistes ?
Ce fut Harry Dexter White, représentant des USA, qui imposa le dollar comme étalon or...

André 31/12/2014 16:59

Tout à fait d'accord avec toi, c'est ce que je prône depuis plus de 15 ans, car ainsi - comme pour les monnaies locales -, il n'y aurait pas de spéculation et pas de discours lénifiants sur le rapport entre la monnaie et la production ou la croissance, la monnaie marchandise, qui est appréhendée par rapport à un taux d'intérêt... Rien de tout cela juste une grille de lecture. On n'imagine pas jusqu'à quel point cela jouerait même au niveau de l'emploi et certainement sur plein d'autres choses !