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Economics and Politics Research

André Locussol-Mascardi - EPR

Economics and Politics Research

"Crise et suicide du libéralisme" (extrait)

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LE RETOUR A LA CROISSANCE ?

Tous les économistes, analystes, gouvernants, organismes statistiques et de conjoncture ainsi que les grands patrons d’entreprises se sont tous « plantés », à de rares cas…

Extraits de mon livre « CRISE ET SUICIDE DU LIBERALISME » écrit en 2010 :

« L’ECONOMISTE J.K. GALBRAITH JUNIOR PREVOIT UN RETOUR A LA CROISSANCE EN… 2015.

La société canadienne Filteris, spécialiste en analyse des perceptions et des valeurs sur le Web (E-Réputation), révèle ainsi les résultats d’une étude panoramique réalisée en mars 2009. Pour ce faire, ils ont créé un nouvel indicateur : le Krach Stress Index (KSI).

Près de 2000 sites, blogs et forums ont ainsi été sélectionnés, cartographiés et analysés afin d’y mesurer les perceptions françaises face à celles exprimées sur le Web anglophone, à propos de la crise économique et de sa durée potentielle. Pouvoir d’achat, coût de la vie, crédits à la consommation, marché immobilier et industrie automobile sont les principaux thèmes anxiogènes abordés sur le Web et sur lesquels se base le Krach Stress Index.

GLOBALEMENT ET DE MANIERE REDONDANTE LES SOURCES WEB ANALYSEES ANTICIPENT UNE CRISE ECONOMIQUE MULTISECTORIELLE D’UNE DUREE DE 5 ANS.

Pour les plus optimistes, la fin de la crise devait avoir lieu en 2009. Parmi eux, on trouvait Jérôme Cazes, directeur général de la Coface (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur), organisme expert en analyse de risque qui anticipait le 9 mars sur France Info une reprise « timide » dès le second semestre 2009. Ce brillant diplômé de l'Ecole Nationale de la Statistique et de l'Administration Economique, membre du Comité exécutif de Natixis a déjà perdu son pari et pour cause, tous les indicateurs sont au rouge en décembre 2009, et la majorité des grands pays du G8 vont terminer l’année avec une croissance nulle dans le meilleur des cas voire fortement négative de l’ordre de 0 à –10 %…

MOYENNEMENT OPTIMISTES ETAIENT NOS GOUVERNANTS QUI EVOQUAIENT 2010 : « NOUS SOMMES AU MILIEU DE LA CRISE », TELLE ETAIT LA PHRASE D'INTRODUCTION DE L'ALLOCUTION DU PRESIDENT SARKOZY LE 18 FEVRIER DERNIER (2009. Ce dernier restait assez discret sur ses évaluations en ce qui concernait l'issue de cette crise, néanmoins, l'orientation de son discours laissait entendre l'espoir d'une rapide rémission de la situation actuelle sans plus de détail. Du côté du Premier ministre les choses se précisaient un peu : « Toute l'année 2009 sera une année de crise », une « crise longue, une crise dure » confiait François Fillon au micro d'Europe 1 le 3 mars 2009, puis le 19 mars sur TF1 : « des signes de la reprise existeraient pour l'année 2010 »

Là où François Fillon usait avec prudence du conditionnel sur la question 2010, Christine Lagarde, Ministre de l'Économie et des Finances affichait plus de certitudes. Selon des propos tenus le 8 mars sur BFM : « 2010 sera une année de redémarrage de l'activité économique » par ailleurs, Elle confirmait le 17 mars devant les députés de la Commission des affaires économiques : « Cette hypothèse est entourée de multiples incertitudes liées à l’environnement international » Parmi les modérément optimistes on trouvait aussi Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne qui prédisait, le 9 mars 2009 lors d’une conférence de presse à Bâle, une croissance mondiale quasi nulle pour 2009 et voyait « la reprise dans le courant de l'année 2010 » – quelques mois auparavant il avait parlé de reprise au début puis à fin 2009 –, tout comme son homologue américain Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale américaine (FED) qui déclarait le 15 mars 2009 sur la chaîne CBS : « Nous allons voir la fin de la récession probablement cette année et nous verrons la reprise au début de l'année prochaine. ELLE VA S'ACCELERER AVEC LE TEMPS »,

CONFIRMANT AINSI SES PROPOS TENUS DEVANT LE CONGRES QUELQUES JOURS PLUS TOT. AVIS PARTAGE PAR DANIEL COHEN, PROFESSEUR D'ECONOMIE A L'ÉCOLE NORMALE SUPERIEURE, INTERROGE PAR LE MONDE LE 20 MARS DU MEME MOIS : « L'ANNEE 2009 EST CONDAMNEE (...) SANS DOUTE FAUDRA-T-IL ATTENDRE LE PREMIER SEMESTRE 2010 POUR VOIR POINDRE LA REPRISE »

Pour l’Union européenne, l’optimisme béat restait de mise – même si la commission n’a pris aucune initiative pour lutter contre la crise, et n’a pu convaincre les pays de la communauté d’adopter une politique commune d’harmonisation pour lutter contre la récession économique –, avec Joaquin Almunia, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires qui soulignait : « Nous ne sommes plus en chute libre (...) Pour la première fois depuis la mi-2007, des signaux positifs sont apparus au cours des dernières semaines, qui tendent à montrer que l'économie se stabiliserait au second semestre 2009, avant de connaître une reprise progressive en 2010 »

Certains grands capitaines d’industrie et politiques ne voyaient rien venir avant 2011. A l’image du Directeur Général du Crédit Agricole, Georges Pauget, qui déclarait le 5 mars 2009 dans La Tribune : « NOUS SOMMES DANS LA TRAJECTOIRE D'UNE CRISE QUI VA DURER VRAISEMBLABLEMENT EN 2009 ET 2010 »

DE MEME, L’ANCIEN PATRON DES PATRONS, LE BARON « ROMAIN » ERNEST-ANTOINE SEILLIERE ESTIMAIT LORS DU 7ème SOMMET EUROPEEN CONSACRE AUX AFFAIRES QUE LA CRISE DURERAIT SANS DOUTE DEUX ANS EN EUROPE...

LE 23 MARS 2009... JEAN-FRANÇOIS COPE, PRESIDENT DU GROUPE PARLEMENTAIRE UMP A L'ASSEMBLEE NATIONALE, DECLARAIT AU MONDE : « IL FAUT COMPTER UN MINIMUM DE DIX-HUIT A VINGT-QUATRE MOIS AVANT D'ENTREVOIR LA FIN DE LA RECESSION »

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Les plus pessimistes qui n’étaient qu’une minorité en 2008, qui voyaient la crise durer encore de longues années, sont devenus majoritaires dans le monde. Parmi eux le grand argentier de la planète, DOMINIQUE STRAUSS-KAHN, DIRECTEUR GENERAL DU FMI, QUI TABLAIT SUR DEUX A TROIS ANS POUR QUE L'ECONOMIE MONDIALE COMBLE SES PERTES DUES A LA CRISE .

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JAMES K. GALBRAITH, FILS DU CELEBRE ECONOMISTE AMERICAIN JOHN KENNETH GALBRAITH , LUI AUSSI ECONOMISTE RENOMME, ENVISAGEAIT LE PIRE : « 2015 SI TOUT VA BIEN…

Article de Régis Soubrouillard dans MARIANNE, le 1er avril 2009 :

"ALORS QUE MINISTRES ET CONSEILLERS S'EVERTUENT A DIFFUSER LA PAROLE OPTIMISTE QUI VOUDRAIT QU'A LA FIN DE L'ANNEE LA CRISE NE FUT PLUS QU'UN MAUVAIS SOUVENIR, JAMES KENNETH GALBRAITH PUBLIAIT UN ARTICLE DANS LA REVUE DU WASHINGTON MONTHLY DEMONTANT LES VISIONS ANGELISTES DE LA CRISE, CRITIQUANT LA FAIBLESSE DE LA RELANCE AMERICAINE, ET APPELANT A UN PLAN D'UNE ENVERGURE COMPARABLE A L'EFFORT DE GUERRE AMERICAIN APRES LA CRISE 1929.

"Dans cet article il remet en cause la pensée économique mais aussi les modèles informatiques issus de l'après guerre qui ne seraient « pas aptes à rendre compte de la crise et à en prévoir les développements, en raison de la durée qui sera nécessaire au désendettement des ménages, au nettoyage des écuries d’Augias bancaires, à la disparition des surcapacités et au rétablissement de la confiance » Le président de l'association internationale « Economists for Peace and Security » prend pour exemple la faiblesse du plan de relance américain que d'aucuns qualifient « d'impressionnant » Sans comparaison avec le plan de relance mis en place par l'administration Roosevelt après la crise de 1929: « Si l’on prend en compte la caractéristique financière hors norme de cette crise, la relance par le crédit, même une fois « réparé » le système bancaire, n’est qu’une illusion, juge-t-il, et l’intervention de l’Etat devrait alors changer de braquet.

"A quel point ?

"Galbraith rappelle en quelques chiffres: L’AMPLEUR DES EFFORTS DEPLOYES PAR ROOSEVELT : 60% DES CHOMEURS EMPLOYES PAR LES GRANDS TRAVAUX DE L’ETAT, UN MILLIARD D’ARBRES PLANTES, 2500 HOPITAUX, 45 000 ECOLES, 7 800 PONTS PLUS D’UN MILLION DE KM DE RESEAU ROUTIER ET UN MILLIER D’AEROPORTS CONSTRUITS OU RENOVES…

"Galbraith met ici clairement en cause Obama et son entourage : si le président américain a un programme économique, « il n’y a jusqu’à présent, aucune manifestation claire de la pensée qui sou-tend ce programme » Bien au contraire les conseillers économiques du président seraient tous peu ou prou animés par la conviction profonde que le marché est capable de se s'auto-stabiliser. Bref, la crise est derrière nous tant la main invisible travaille d'arrache-pied. C'est là que Galbraith entreprend de démonter le scénario du Congressional Budget Office, l’organisme public sur lequel s’appuient les législateurs pour évaluer la situation de l’économie et préparer leurs projets de budget. Il prévoyait un redémarrage débutant à la fin de cette année, avec un retour à la normale de l’économie aux alentours de 2015 […] Nos modèles informatiques modernes ne tiennent tout simplement pas compte de l’élément clé de cette crise qui est, précisément, l’effondrement du système financier. Si le système bancaire est paralysé, alors pour être efficace le secteur public doit faire beaucoup plus » Il sera difficile de faire aussi « bien », car c'est uniquement l'effort de guerre qui a relancé l'économie américaine. Même « la relance du secteur financier privé a pris vingt ans, durant lesquels la guerre s’est déroulée »

"D'où la conclusion de Galbraith: « le plein rétablissement du système de crédit privé sera long. Il suivra - et ne précédera pas - la restauration de finances saines pour les ménages. En aucun cas le projet consistant à ressusciter l’économie en gavant d’argent les banques ne fonctionnera. Une politique efficace ne peut fonctionner que dans l’autre sens » Galbraith réclame la mise en place d'un super-plan de relance : soutien de long terme à tous les services et investissements publics, augmentation des prestations sociales (Galbraith vante ici l'atout économique majeur que représente le principe d'une sécurité sociale universelle...), un vaste programme d'emploi, la suspension des charges salariales, la prise en charge par le gouvernement des banques insolvables.

"Rien de comparable pourtant avec l'effort de guerre. QUOI D'AUTRE ALORS ? PAS DE SOLUTION MIRACLE, NI DE RETOUR RAPIDE A LA NORMALE A ESPERER – 20 ANS SELON GALBRAITH - « les plus gros problèmes auxquels nous soyons confrontés sont la sécurité énergétique et le changement climatique. Ce sont des difficultés énormes, car l’énergie sous-tend tout ce que nous faisons, et parce que le changement climatique menace la survie de la civilisation. En la matière, c’est évidemment un effort national qui est nécessaire. Une telle entreprise, à condition qu’elle soit convenablement menée, en combinant la planification et les marchés, pourrait ajouter 5 ou même 10 pour cent de PIB à l’investissement net. Cela n’atteindrait pas l’ampleur de la mobilisation en temps de guerre, mais pourrait probablement ramener la nation vers le plein emploi et l’y maintenir pendant des années. En outre, cette tâche ressemble à la mobilisation en temps de guerre de façon importante sur le plan financier »

"James K. Galbraith prévient, la dette et le déficit augmenteront mais « le choix doit s’effectuer entre un comportement actif, qui augmente la dette tout en créant des emplois et reconstruit l’Amérique, ou un comportement passif, augmentant la dette car les revenus s’effondrent, parce que la population doit être secourue par les programmes sociaux, et que le Trésor souhaite, sans raison valable, sauver les grands banquiers et leur éviter les pertes »

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superior research paper service 20/02/2015 16:36

With the recovered intentions headed for the studies supplementary we will able to get the healthier possessions for the job and as well in place of the life. And it is the obvious fact and all we are agreed on it that every work need the true intention for the success in it.

Maxime 10/01/2015 20:43

Merci pour cette présentation de la vision de J.K. Galbraith. Un rappel pour certains, une information à mettre en relief pour tous car les médias n'en parlent pas souvent, de ces grands iconoclastes. Ce comportement panurgique des mass-médias français est d'ailleurs soit un mystère (à l'heure où le public est avide de savoir, ils auraient les moyens de transmettre cette connaissance diversifiée), soit trop limpide (explication tenant à la censure des actionnaires ou à l'auto-censure à leur égard).
Heureux de découvrir ce blog, bonne continuation et à bientôt ;-)